En bref : chauffeur VTC en micro-entreprise
Le métier de chauffeur VTC (voiture de transport avec chauffeur) attire beaucoup de profils en reconversion grâce aux plateformes comme Uber, Bolt ou Heetch. La micro-entreprise est le statut le plus utilisé pour démarrer, car la création est simple et les charges sont proportionnelles au chiffre d'affaires. Mais contrairement à un métier de bureau, le VTC supporte de lourdes charges réelles (véhicule, carburant, commission) que le régime micro ne permet pas de déduire. Voici l'essentiel avant de te lancer.
| Information clé | Valeur 2026 |
|---|---|
| Code APE / NAF | 49.32Z — Transports de voyageurs par taxis |
| Catégorie Urssaf | Services BIC (transport de personnes) |
| Plafond de chiffre d'affaires | 83 600 € HT / an |
| Taux de cotisations | 21,2 % du CA encaissé |
| Abattement forfaitaire IR | 50 % (BIC services) |
| Seuil de franchise TVA (services) | 37 500 € HT / an (TVA transport à 10 %) |
| Prérequis obligatoire | Carte professionnelle VTC + inscription au registre |
| Versement libératoire IR | + 1,7 % (optionnel) |
Le sigle BIC désigne les bénéfices industriels et commerciaux : le transport de personnes est une prestation de services commerciale, pas une activité libérale. C'est pour cela que ton taux de cotisations (21,2 %) et ton abattement fiscal (50 %) diffèrent de ceux d'un consultant ou d'un développeur. Avant même de créer ta micro-entreprise, tu dois obtenir ta carte professionnelle VTC et t'inscrire au registre national des exploitants VTC.
Pourquoi choisir la micro-entreprise quand on est chauffeur VTC
La micro-entreprise reste le point d'entrée le plus rapide pour se lancer comme VTC : création gratuite, déclarations simplifiées, pas de bilan comptable. Pour un chauffeur qui débute à temps partiel ou qui teste l'activité, c'est le statut logique. Mais ses limites sont plus sensibles que dans la plupart des autres métiers, à cause du poids des charges de roulage.
Les avantages du régime micro pour un VTC
- Création simple et gratuite : une fois ta carte VTC en poche, l'immatriculation prend 30 minutes sur le Guichet Unique INPI, sans capital ni statuts.
- Charges proportionnelles : pas de course, pas de cotisations. Idéal pour démarrer en parallèle d'un emploi ou lisser une reprise d'activité.
- Comptabilité allégée : un livre des recettes et des factures conformes suffisent. Pas de liasse fiscale.
- Franchise en base de TVA : sous 37 500 € de CA, tu factures sans TVA, ce qui simplifie tes courses pour les particuliers.
- Aides à la création : ACRE (Aide à la Création ou Reprise d'Entreprise) et maintien des allocations France Travail sont mobilisables au démarrage.
Les limites, plus lourdes que pour d'autres métiers
Le point noir du régime micro pour un VTC : aucune charge réelle n'est déductible. Or ces charges sont massives. La commission prélevée par les plateformes (souvent 20 à 25 %), le carburant ou l'électricité, la location ou le crédit du véhicule, l'assurance professionnelle et l'entretien peuvent représenter 55 à 70 % de ton chiffre d'affaires. En micro, tu paies pourtant tes cotisations Urssaf sur la totalité du CA encaissé, commission comprise.
Le plafond de 83 600 € est aussi vite atteint. Un chauffeur à temps plein qui génère 6 000 à 7 000 € de courses par mois le franchit en une année pleine. Comme le CA à déclarer inclut la commission de plateforme, tu peux atteindre le plafond tout en dégageant un revenu net modeste. C'est le paradoxe du VTC en micro : un gros volume de chiffre d'affaires ne signifie pas un gros revenu.
Enfin, la couverture sociale reste limitée : pas d'assurance chômage propre à l'activité, indemnités journalières sous conditions, retraite sur une assiette réduite. À intégrer dans ta stratégie si le VTC devient ton activité principale.
Code APE et NAF du chauffeur VTC
Le code APE (activité principale exercée) attribué aux chauffeurs VTC est le 49.32Z « Transports de voyageurs par taxis ». Malgré son intitulé, il couvre à la fois les taxis et les VTC : l'INSEE n'a pas créé de code distinct pour les VTC. Ce code te classe dans la catégorie des prestations de services commerciales BIC, avec un taux de cotisations de 21,2 %.
Tu ne choisis pas ce code librement : l'INSEE l'attribue à partir de la description d'activité que tu renseignes au moment de l'immatriculation. Décris ton activité de façon précise — « transport de personnes avec chauffeur sur réservation préalable » — pour obtenir directement le bon rattachement et éviter un classement erroné qui compliquerait tes déclarations Urssaf.
Tu peux consulter la nomenclature dans notre outil de recherche de code APE, qui reprend la classification officielle de l'INSEE. Si le code attribué te semble inadapté après création, une demande de rectification est possible auprès de l'INSEE ; elle est gratuite mais peut prendre plusieurs semaines.
Carte professionnelle et inscription au registre VTC
Le VTC est une activité réglementée : contrairement à un métier libéral non réglementé, tu ne peux pas commencer à travailler dès l'obtention de ton SIRET. Deux conditions préalables sont obligatoires et bloquantes.
1. La carte professionnelle VTC. Elle s'obtient après avoir réussi l'examen VTC, organisé sous l'égide des chambres de métiers et de l'artisanat (CMA). L'examen comporte des épreuves théoriques (réglementation du transport, sécurité routière, gestion, français et anglais) et une épreuve pratique de conduite. Pour te présenter et obtenir la carte, tu dois remplir plusieurs conditions :
- Permis B en cours de validité depuis plus de 3 ans (2 ans si tu as suivi la conduite accompagnée)
- Casier judiciaire (bulletin n° 2) compatible avec l'exercice de la profession
- Attestation d'aptitude médicale délivrée par un médecin agréé par la préfecture
- Attestation de formation aux premiers secours (PSC1) en cours de validité
La carte professionnelle est valable 5 ans et se renouvelle après une formation continue obligatoire suivie auprès d'un organisme agréé.
2. L'inscription au registre des VTC. Avant de prendre ta première course, tu dois inscrire ton entreprise au registre national des exploitants de VTC, tenu par le ministère chargé des Transports. Cette inscription est payante, se renouvelle tous les 5 ans, et conditionne la légalité de ton activité. Sans elle, tu t'exposes à des sanctions et au déréférencement des plateformes.
Le véhicule et les règles d'exercice
Ton véhicule est un outil de travail réglementé. Il doit respecter des critères précis, sous peine de refus d'inscription ou de contrôle en défaut. Les principales conditions en 2026 :
- 4 à 9 places assises, chauffeur compris.
- Moins de 6 ans d'ancienneté (date de première immatriculation), sauf véhicules électriques et certains modèles au-delà d'un seuil de prix, qui en sont dispensés.
- Dimensions minimales : longueur ≥ 4,50 m et largeur ≥ 1,70 m, sauf véhicules hybrides et électriques exemptés.
- Vignette VTC apposée de manière visible sur le pare-brise avant et la lunette arrière.
Règle d'or qui distingue le VTC du taxi : pas de maraude. Tu ne peux pas prendre un client qui te hèle dans la rue ni stationner en attente de clientèle sur la voie publique. Toute course doit résulter d'une réservation préalable — c'est justement ce que gèrent les plateformes. En cas de contrôle, tu dois pouvoir justifier la réservation.
Plafond de chiffre d'affaires en 2026
Le transport de personnes relève des prestations de services. Le plafond de chiffre d'affaires applicable est de 83 600 € HT par an en 2026. Ce seuil fait l'objet d'une revalorisation triennale, la prochaine étant attendue pour 2027.
Le plafond se calcule en année civile (1er janvier au 31 décembre) et se proratise la première année. Pour une création le 1er juillet, ton plafond de première année est de 83 600 × 184/365 ≈ 42 148 €.
Point spécifique au VTC : le chiffre d'affaires à déclarer est le montant total des courses payées par les clients, commission de plateforme incluse. Si tu génères 90 000 € de courses via Uber qui prélève 22 500 € de commission, c'est bien 90 000 € qui comptent pour le plafond, pas les 67 500 € qui atterrissent sur ton compte. Un chauffeur à plein temps peut donc dépasser le plafond sans « sentir » ce niveau de revenu.
- Dépassement une année : tu restes en micro jusqu'à la fin de l'année, mais tu perds la franchise de TVA si tu dépasses aussi le seuil TVA.
- Dépassement deux années consécutives : bascule automatique au régime réel au 1er janvier suivant.
Pour approfondir tous les cas de dépassement, consulte notre guide complet sur les plafonds de CA.
Charges et cotisations Urssaf
En tant que chauffeur VTC en prestation de services BIC, tu cotises à hauteur de 21,2 % de ton chiffre d'affaires encaissé en 2026. Ce taux couvre l'ensemble de tes cotisations sociales : maladie, retraite de base et complémentaire, allocations familiales, invalidité-décès, CSG-CRDS et contribution à la formation professionnelle.
Deux points essentiels et propres au VTC. D'abord, les cotisations sont calculées sur ce que tu encaisses au titre des courses, commission de plateforme comprise : cette commission n'est pas une charge déductible en micro-entreprise. Ensuite, aucune de tes charges de roulage (carburant, location, entretien, assurance) ne réduit l'assiette de cotisations.
| Chiffre d'affaires annuel | Cotisations Urssaf (21,2 %) | CA après cotisations |
|---|---|---|
| 30 000 € | 6 360 € | 23 640 € |
| 50 000 € | 10 600 € | 39 400 € |
| 72 000 € | 15 264 € | 56 736 € |
| 83 600 € (plafond) | 17 723 € | 65 877 € |
Attention : la colonne « CA après cotisations » n'est pas ton revenu. Il faut encore en retirer la commission de plateforme et toutes tes charges de roulage. C'est l'objet de la section « Revenus réels » ci-dessous, indispensable pour un VTC.
Exemple chiffré n°1 — Tu encaisses 30 000 € de courses sur l'année. Tu paies 30 000 × 21,2 % = 6 360 € de cotisations Urssaf, soit 530 € par mois. Avec l'ACRE la première année (exonération de 50 %), tes cotisations tombent à 3 180 € sur 12 mois.
Le versement libératoire de l'impôt sur le revenu (VL) permet de solder ton impôt en ajoutant 1,7 % du CA à chaque déclaration (taux propre aux services BIC). Tu peux l'activer si ton revenu fiscal de référence N-2 ne dépasse pas 27 478 € par part. Attention toutefois : le VL se calcule sur le CA brut, donc sans tenir compte de tes charges réelles élevées — il n'est pas toujours avantageux pour un VTC. Pour aller plus loin, consulte le guide des charges et cotisations ou notre simulateur de revenus.
TVA et franchise en base
Tant que ton CA reste sous le seuil de franchise en base, tu factures sans TVA et n'as pas de déclaration de TVA à déposer. C'est une simplification utile au démarrage.
Seuils 2026 pour les prestations de services :
- Seuil de franchise en base : 37 500 € HT sur l'année civile
- Seuil de tolérance : 41 250 € HT (au-delà, tu deviens redevable dès le 1er du mois de dépassement)
Sous ces seuils, tes factures portent la mention « TVA non applicable, article 293 B du CGI ». Spécificité importante du transport de personnes : une fois redevable, tu appliques le taux réduit de TVA de 10 % sur tes courses, et non le taux normal de 20 %. Devenir redevable présente d'ailleurs un intérêt pour un VTC : tu peux alors récupérer la TVA sur ton carburant, ton entretien et la location de ton véhicule — des postes de dépense lourds. Selon ta structure de coûts, sortir volontairement de la franchise peut être fiscalement pertinent.
Le seuil unique de franchise à 25 000 €/an, envisagé par la loi de finances pour 2025, a fait l'objet de reports successifs. Vérifie l'état du droit applicable au moment de ta création sur impots.gouv.fr, ou lis notre guide TVA pour micro-entrepreneurs.
Revenus réels d'un chauffeur VTC : le vrai calcul
C'est la section la plus importante pour un VTC, et celle où beaucoup se trompent. Contrairement à un freelance qui vend du temps à un TJM (tarif journalier moyen), un chauffeur VTC vend des courses dont une large part part en charges. Le bon indicateur n'est pas le chiffre d'affaires, mais le revenu net après commission et charges de roulage.
Prenons un chauffeur à temps plein qui génère 72 000 € de courses sur l'année (6 000 € par mois), principalement via des plateformes. Voici une structure de charges représentative du marché en 2026 :
| Poste | Montant annuel | Part du CA |
|---|---|---|
| Chiffre d'affaires (courses encaissées) | 72 000 € | 100 % |
| Commission plateforme (~25 %) | − 18 000 € | 25 % |
| Cotisations Urssaf (21,2 %) | − 15 264 € | 21,2 % |
| Carburant / recharge (~750 €/mois) | − 9 000 € | 12,5 % |
| Location / crédit du véhicule (~500 €/mois) | − 6 000 € | 8,3 % |
| Assurance professionnelle (~200 €/mois) | − 2 400 € | 3,3 % |
| Entretien, pneus, nettoyage, péages | − 3 000 € | 4,2 % |
| Revenu net avant impôt | ≈ 18 336 € | 25,5 % |
Sur 72 000 € de courses, il reste environ 18 300 € de revenu net avant impôt, soit à peine plus de 1 500 € par mois pour un temps plein. C'est le cœur du sujet : le VTC est un métier à fort chiffre d'affaires et à faible marge.
Le piège fiscal de l'abattement. Pour l'impôt sur le revenu, la micro applique un abattement forfaitaire de 50 % : ta base imposable serait de 72 000 × 50 % = 36 000 €. Or ton bénéfice réel n'est que d'environ 18 300 €. Autrement dit, tu es imposé sur près du double de ce que tu gagnes vraiment. Un chauffeur avec ce niveau de charges a souvent intérêt à quitter la micro pour l'entreprise individuelle au régime réel (où toutes les charges se déduisent) ou une société (EURL/SASU), quitte à tenir une vraie comptabilité.
Les leviers pour améliorer ta marge : réduire la dépendance aux plateformes en développant une clientèle directe (entreprises, hôtels, courses régulières domicile-aéroport) sur laquelle il n'y a pas de commission ; passer à un véhicule électrique pour diviser le poste énergie ; et arbitrer entre location et achat selon ton kilométrage. Pour tester différents scénarios, utilise notre simulateur de revenus auto-entrepreneur.
Assurances nécessaires
Une assurance spécifique au transport de personnes à titre onéreux est obligatoire, et c'est un point à ne surtout pas négliger. Une assurance auto personnelle classique exclut le transport de personnes rémunéré : en cas d'accident pendant une course, la garantie serait refusée, avec des conséquences financières potentiellement graves.
Tu dois donc souscrire un contrat d'assurance professionnelle VTC, qui combine la responsabilité civile professionnelle (RC Pro) et la garantie transport de personnes. Les tarifs constatés en 2026 varient fortement selon ton profil :
- De 150 à 300 € par mois selon le véhicule, ton ancienneté de permis, ton historique et ta zone d'exercice.
- Les jeunes chauffeurs ou ceux exerçant en zone dense (Paris, grandes métropoles) sont sur le haut de la fourchette.
- Des assureurs spécialisés et des courtiers proposent des contrats dédiés VTC ; compare plusieurs devis avant de signer.
Pense aussi à l'assistance et à la protection juridique, utiles en cas de litige avec une plateforme ou un client. Ces garanties se négocient souvent en pack avec l'assurance professionnelle.
Étapes pour se lancer comme chauffeur VTC auto-entrepreneur
Le parcours est plus long que pour un métier non réglementé, car il faut valider la carte VTC avant l'immatriculation. Compte plusieurs semaines à quelques mois selon le délai de l'examen.
Étape 1 — Obtenir la carte professionnelle VTC. Prépare et passe l'examen VTC (théorie + pratique). Réunis les pièces requises : permis de plus de 3 ans, casier judiciaire compatible, aptitude médicale, PSC1. Une fois l'examen réussi, demande ta carte auprès de la préfecture.
Étape 2 — Créer la micro-entreprise. Sur procedures.inpi.fr, déclare la création avec la description « transport de personnes avec chauffeur sur réservation » pour obtenir le code 49.32Z. Choisis ta périodicité de déclaration Urssaf (mensuelle recommandée) et, le cas échéant, le versement libératoire.
Étape 3 — S'inscrire au registre des VTC. Inscris ton entreprise au registre national des exploitants VTC (ministère des Transports). Cette inscription conditionne ton activité et ton référencement sur les plateformes.
Étape 4 — Mettre le véhicule en conformité et l'assurer. Vérifie l'ancienneté et les dimensions du véhicule, appose la vignette VTC, et souscris l'assurance professionnelle transport de personnes. Sans cette assurance, tu ne peux pas exercer légalement.
Étape 5 — Ouvrir un compte dédié et mettre en place la facturation. Un compte bancaire dédié est obligatoire au-delà de 10 000 € de CA sur deux années consécutives ; ouvre-le dès le départ pour isoler ton activité. Dès réception du SIRET, équipe-toi d'un outil de facturation conforme (mentions légales, numérotation, conservation 10 ans, facturation électronique obligatoire à partir de septembre 2027) pour tes clients directs et entreprises.
Outils pour piloter ton activité de VTC
Un chauffeur VTC jongle entre trois univers : la conduite et les plateformes, le suivi financier (carburant, marge, cotisations à provisionner) et la facturation de sa clientèle directe. Voici ce qui aide à garder le cap.
💼 La stack outil recommandée pour un chauffeur VTC
Entre les relevés des plateformes, tes courses en direct et les cotisations à déclarer chaque mois, un outil de facturation pensé pour les micro-entrepreneurs t'évite les mauvaises surprises. Eikio a été créé pour les indépendants comme toi :
- ✅ Gratuit avec factures PDF Factur-X, devis et clients illimités
- ✅ Factures pour tes clients directs (entreprises, hôtels, courses régulières)
- ✅ Suivi du chiffre d'affaires, seuils TVA et alertes intelligentes
- ✅ Estimation automatique des cotisations Urssaf selon l'activité
- ✅ Échéancier fiscal : Urssaf, CFE, impôts et rappels importants
- ✅ Livre des recettes et exports comptables
Côté conduite, les applications des plateformes (Uber, Bolt, Heetch) restent le socle, complétées par une bonne application de navigation en temps réel (Waze, Google Maps) et, pour les longs trajets, un comparateur de recharge si tu roules en électrique.
Côté pilotage financier, tiens un tableau de suivi mois par mois de tes courses, ta commission, ton carburant et tes kilomètres : c'est le seul moyen de connaître ta vraie marge et de savoir quand la micro cesse d'être avantageuse. La règle de provision est encore plus stricte que pour d'autres métiers : mets de côté au moins 25 % de chaque encaissement pour Urssaf et impôt, sur un compte séparé auquel tu ne touches pas.
Aides à la création disponibles
Plusieurs dispositifs peuvent alléger le démarrage d'une activité VTC, souvent lourde en investissement initial (véhicule, assurance, formation).
L'ACRE (Aide à la Création ou Reprise d'Entreprise) t'exonère de 50 % de tes cotisations Urssaf pendant les 12 premiers mois. Pour un VTC à 40 000 € de CA la première année, l'économie atteint environ 4 240 € (cotisations qui passent de 8 480 € à 4 240 €). L'ACRE est accordée si tu remplis l'un des critères d'éligibilité au moment de la création (demandeur d'emploi indemnisable, bénéficiaire de minima sociaux, moins de 26 ans, etc.).
Le maintien de l'ARE (Allocation de Retour à l'Emploi) : si tu es indemnisé par France Travail, tu peux continuer à percevoir une partie de tes allocations en complément de tes revenus VTC, ce qui sécurise la période de montée en charge où le nombre de courses reste faible.
L'ARCE (Aide à la Reprise ou à la Création d'Entreprise) : alternative à l'ARE maintenue, elle verse en deux fois 60 % de tes droits restants — utile si tu as besoin d'une trésorerie de départ pour l'apport sur un véhicule ou la formation. À mettre en balance avec l'ARE maintenue selon ta situation.
5 erreurs à éviter en démarrant comme chauffeur VTC
- Déclarer son CA net de commission. L'erreur la plus fréquente et la plus coûteuse : le CA à déclarer à l'Urssaf est le montant total des courses, commission de plateforme comprise. Déclarer seulement ce que tu reçois sur ton compte est un sous-déclaration passible de redressement.
- Rouler sans assurance transport de personnes. Une assurance auto classique ne couvre pas l'activité VTC. En cas d'accident pendant une course, la garantie est refusée. C'est un risque financier majeur et une infraction.
- Rester en micro alors que les charges explosent. Avec 55 à 70 % de charges réelles, l'abattement de 50 % te fait payer de l'impôt sur un bénéfice fictif. Compare régulièrement avec l'entreprise individuelle au réel ou une société : au-delà d'un certain volume, la micro coûte plus cher.
- Ne pas provisionner ses cotisations. Le carburant se paie tout de suite, mais l'Urssaf arrive à retardement. Sans provision de 25 % minimum, la déclaration trimestrielle devient un mur de trésorerie.
- Négliger la conformité du véhicule et du registre. Ancienneté dépassée, dimensions non conformes, vignette absente, inscription au registre non renouvelée : chaque manquement expose à un contrôle en défaut et au déréférencement des plateformes.
Questions fréquentes
Quel code APE choisir pour devenir chauffeur VTC auto-entrepreneur ?
Le code APE des chauffeurs VTC est 49.32Z « Transports de voyageurs par taxis », qui couvre aussi les VTC. Il te classe dans les prestations de services BIC (21,2 % de cotisations). L'INSEE l'attribue à partir de ta description d'activité : indique « transport de personnes avec chauffeur sur réservation » au Guichet Unique INPI.
Faut-il une carte professionnelle pour être chauffeur VTC en micro-entreprise ?
Oui, la carte professionnelle VTC est obligatoire avant tout début d'activité. Tu l'obtiens après l'examen VTC, avec un permis de plus de 3 ans, un casier judiciaire compatible et une aptitude médicale. Elle est valable 5 ans. Tu dois aussi t'inscrire au registre national des exploitants VTC.
Quel est le plafond de chiffre d'affaires d'un VTC en micro-entreprise en 2026 ?
Le plafond est de 83 600 € HT par an en 2026 (prestations de services). Le CA à déclarer inclut la commission de plateforme, donc un chauffeur à plein temps l'atteint vite. Deux dépassements consécutifs entraînent la bascule au régime réel au 1er janvier suivant.
Quels sont les taux de charges Urssaf pour un chauffeur VTC ?
Le taux est de 21,2 % du CA encaissé en 2026, car le transport de personnes est une prestation de services commerciale BIC. Il se calcule sur le montant total des courses, commission de plateforme comprise, qui n'est pas déductible en micro-entreprise.
Un chauffeur VTC doit-il facturer la TVA ?
Sous 37 500 € HT de CA, tu factures sans TVA avec la mention « TVA non applicable, article 293 B du CGI ». Au-delà, tu deviens redevable au taux réduit de 10 % propre au transport de voyageurs, et tu peux récupérer la TVA sur ton carburant et l'entretien du véhicule.
La micro-entreprise est-elle intéressante pour un VTC ?
Pas toujours. Le régime micro ne permet de déduire ni la commission de plateforme, ni le carburant, ni le véhicule. Comme les charges réelles dépassent souvent 60 % du CA, l'abattement de 50 % conduit à payer de l'impôt sur un bénéfice supérieur au réel. Au-delà d'un certain volume, l'entreprise individuelle au réel ou une société est plus avantageuse.
Quelle assurance est obligatoire pour un chauffeur VTC ?
Une assurance couvrant le transport de personnes à titre onéreux est obligatoire ; une assurance auto classique ne couvre pas cette activité. Tu dois souscrire une assurance professionnelle VTC (RC Pro + garantie transport de personnes), pour un tarif de 150 à 300 € par mois selon ton profil et ta zone.
Quelles conditions le véhicule doit-il remplir pour faire du VTC ?
Le véhicule doit avoir 4 à 9 places, moins de 6 ans d'ancienneté (sauf électriques et modèles exemptés), des dimensions minimales (longueur ≥ 4,50 m, largeur ≥ 1,70 m sauf hybrides et électriques) et la vignette VTC apposée. Contrairement au taxi, la maraude est interdite : toute course nécessite une réservation préalable.
Comment déclarer son chiffre d'affaires VTC à l'Urssaf ?
Tu déclares ton CA encaissé sur autoentrepreneur.urssaf.fr, mensuellement ou trimestriellement, en « prestations de services commerciales BIC ». Le montant à reporter est le total des courses avant commission de plateforme. Même sans activité, déclare 0 € : une déclaration manquante coûte 58 € de pénalité.
En résumé
Devenir chauffeur VTC auto-entrepreneur permet de se lancer rapidement dans le transport de personnes, mais c'est une activité réglementée : carte professionnelle VTC, inscription au registre, véhicule conforme et assurance transport de personnes sont obligatoires avant la première course. Sur le plan fiscal, tu relèves des services BIC : code APE 49.32Z, cotisations de 21,2 %, abattement de 50 %, plafond de 83 600 € et TVA à 10 % au-delà de la franchise.
Le vrai enjeu du VTC n'est pas le chiffre d'affaires mais la marge. Entre la commission des plateformes, le carburant et le véhicule, les charges réelles dépassent souvent 60 % des courses encaissées, et l'abattement forfaitaire de 50 % peut te faire payer de l'impôt sur un bénéfice fictif. Suis ta marge de près, provisionne au moins 25 % de chaque encaissement, et compare régulièrement la micro avec le régime réel. Pour facturer ta clientèle directe et garder l'œil sur tes seuils, Eikio est gratuit et pensé pour les micro-entrepreneurs — tu peux l'essayer dès ton premier client.

