En bref : développeur no-code en micro-entreprise
Le développement no-code consiste à construire des applications, des sites et des automatisations avec des outils visuels — Bubble, Webflow, Airtable, Make, n8n, Softr — plutôt qu'en écrivant du code. Côté statut, rien d'exotique : c'est une activité libérale non réglementée, en BNC (bénéfices non commerciaux), avec les mêmes règles qu'un développeur classique. Une seule particularité change vraiment la donne, et elle coûte cher quand on l'ignore : les abonnements aux plateformes que tu avances pour tes clients.
| Information clé | Valeur 2026 |
|---|---|
| Code APE / NAF | 62.01Z — Programmation informatique |
| Catégorie Urssaf | BNC libéral non réglementé (hors CIPAV) |
| Plafond de chiffre d'affaires | 83 600 € HT / an |
| Taux de cotisations | 25,6 % du CA encaissé |
| Abattement forfaitaire IR | 34 % |
| Seuil de franchise TVA (services) | 37 500 € HT / an |
| TJM constaté sur le marché | 300 € (junior) à 550 € (senior) |
| Versement libératoire IR | + 2,2 % (optionnel) |
| Diplôme obligatoire | Aucun |
La création prend une trentaine de minutes sur le Guichet Unique de l'INPI, sans capital ni statuts, et tu peux facturer dès réception de ton SIRET. Aucune qualification n'est exigée : les certifications d'éditeurs (Bubble, Webflow, Make) sont des arguments commerciaux, pas des conditions d'exercice.
Pourquoi la micro-entreprise colle bien au no-code
Le no-code est probablement l'activité qui épouse le mieux le régime micro : pas de stock, pas de matériel lourd, pas de sous-traitance structurelle, et une montée en charge progressive. Tu peux signer ton premier client le mois suivant ta création, avec un ordinateur et deux abonnements. Mais deux caractéristiques du métier créent des frictions spécifiques avec le régime.
Ce qui fonctionne bien
- Un démarrage quasi sans coût : les plans de départ des plateformes no-code coûtent quelques dizaines d'euros par mois. Tu peux tester le marché sans engagement financier réel.
- Des charges strictement proportionnelles : pas de CA encaissé, pas de cotisations. Idéal pour démarrer en parallèle d'un emploi salarié, ce que fait la majorité des freelances no-code.
- Des cycles de vente courts : un MVP livré en trois semaines se vend plus facilement qu'un projet à six mois, ce qui remplit le carnet plus vite au démarrage.
- Une comptabilité minimale : livre des recettes, factures conformes, déclaration de CA. Ni bilan, ni liasse fiscale.
Les deux frictions propres au métier
Première friction : tu ne déduis rien. En micro-entreprise, aucune charge n'est déductible du chiffre d'affaires — l'abattement forfaitaire de 34 % est censé en tenir lieu. Or un développeur no-code accumule des abonnements : la plateforme d'application, l'outil d'automatisation, la base de données, l'hébergement, les plugins payants, éventuellement un outil d'authentification. Une stack à 200 € par mois représente 2 400 € par an payés sur ton net, sans effet fiscal.
Seconde friction : la refacturation gonfle artificiellement ton CA. C'est le point le plus mal maîtrisé du métier, il fait l'objet d'une section entière plus bas. En résumé : chaque euro d'abonnement que tu avances puis refactures en prestation est traité comme du chiffre d'affaires, cotisé à 25,6 %, et consomme ton plafond ainsi que ton seuil de TVA.
Code APE et NAF du développeur no-code
Le code à retenir est 62.01Z — Programmation informatique. La question revient sans arrêt dans les communautés no-code (« puisque je ne code pas, est-ce que ce code me correspond ? »), et la réponse est oui, sans ambiguïté, quand on lit la nomenclature d'activités française elle-même.
La sous-classe 62.01Z de la NAF rév. 2 comprend en effet la conception de la structure et du contenu, et l'écriture des programmes nécessaires à la création d'applications logicielles, de bases de données et de pages web — mais aussi, explicitement, « l'adaptation de logiciels, c'est-à-dire la modification et la configuration d'une application existante pour la rendre opérationnelle dans l'environnement informatique du client ». C'est la définition littérale d'une mission no-code : tu configures un outil existant pour qu'il réponde au besoin d'un client.
- 62.01Z — Programmation informatique : le code par défaut, à retenir dans la très grande majorité des cas (construction d'apps Bubble, sites Webflow, automatisations Make ou n8n, back-offices Airtable).
- 62.02A — Conseil en systèmes et logiciels informatiques : pertinent si ton activité est principalement de l'audit d'outillage, du choix de stack et de la recommandation, sans phase de construction significative.
- 62.09Z — Autres activités informatiques : code fourre-tout, à éviter — il rend ton activité illisible pour tes interlocuteurs.
Deux codes sont à écarter et sont pourtant fréquemment attribués par erreur. 70.22Z (conseil pour les affaires et autres conseils de gestion), si tu décris ton activité en termes de « conseil en organisation » ou d'« optimisation des processus » : c'est un classement inadapté, et la description que tu saisis au Guichet Unique est ce qui déclenche l'attribution. 58.29 (édition de logiciels), si tu bascules un jour vers la vente d'un produit standardisé plutôt que vers des missions clients — cette sous-classe est justement exclue de 62.01Z par la nomenclature.
Le code APE est attribué par l'INSEE à des fins statistiques et, en lui-même, ne crée ni droits ni obligations. Mais en pratique il oriente ton dossier Urssaf et la lecture que font tes interlocuteurs de ton activité. Décris ton activité comme « conception et développement d'applications et de sites web » et tu obtiendras 62.01Z sans discussion.
Plafond de chiffre d'affaires en 2026
Ton activité relève des prestations de services libérales : le plafond applicable est de 83 600 € HT par an en 2026. Il s'apprécie sur l'année civile, du 1er janvier au 31 décembre, et il est proratisé la première année. Si tu crées ta micro-entreprise le 1er septembre, ton plafond pour l'année est de 83 600 × 122/365 ≈ 27 943 €.
Concrètement, à un tarif journalier de 425 €, le plafond correspond à environ 197 jours facturés dans l'année. C'est au-dessus de ce que facture réellement un freelance à temps plein (130 à 170 jours), donc le plafond n'est pas ta contrainte immédiate — sauf si tu refactures des abonnements ou si tu vends au forfait des projets à fort ticket.
- Dépassement isolé : toléré. Tu restes en micro-entreprise et tu continues à déclarer normalement jusqu'à la fin de l'année.
- Deux années consécutives au-dessus : tu sors du régime micro au 1er janvier suivant et bascules au régime réel de la déclaration contrôlée, avec comptabilité complète.
- Franchise de TVA : c'est une notion distincte, avec ses propres seuils, bien plus bas (voir plus bas). Ne confonds pas les deux.
Charges et cotisations Urssaf
En BNC libéral non réglementé au régime général, tu cotises à 25,6 % de ton chiffre d'affaires encaissé en 2026. Ce taux unique couvre l'assurance maladie, la retraite de base et complémentaire, les allocations familiales, l'invalidité-décès, la CSG-CRDS et la contribution à la formation professionnelle. Le taux réduit que tu croiseras dans certains articles concerne les prestations de services commerciales ou artisanales (BIC) : il ne s'applique pas au no-code, qui est une activité libérale.
Les cotisations portent sur ce que tu encaisses, pas sur ce que tu factures. Une facture émise en mars et payée en mai entre dans ta déclaration de mai. Aucune cotisation minimale n'existe : un mois sans encaissement est un mois sans cotisation, mais tu dois quand même déclarer 0 €.
| Chiffre d'affaires annuel | Cotisations Urssaf (25,6 %) | Net avant impôt |
|---|---|---|
| 20 000 € | 5 120 € | 14 880 € |
| 30 000 € | 7 680 € | 22 320 € |
| 50 000 € | 12 800 € | 37 200 € |
| 83 600 € (plafond) | 21 402 € | 62 198 € |
Exemple chiffré n° 1 — première année à mi-temps. Tu conserves ton emploi salarié et tu factures 30 000 € sur l'année. Cotisations : 30 000 × 25,6 % = 7 680 €, soit 640 € par mois en moyenne. Avec l'ACRE au taux applicable aux créations antérieures au 1er juillet 2026 (exonération de 50 %), la facture tombe à 3 840 €.
Exemple chiffré n° 2 — année pleine. Tu factures 150 jours à 425 €, soit 63 750 € de CA. Cotisations Urssaf : 63 750 × 25,6 % = 16 320 €. Il te reste 47 430 € avant impôt. Côté fiscal, l'abattement forfaitaire BNC de 34 % s'applique : ta base imposable est de 63 750 × 0,66 = 42 075 €. Retire encore ta stack d'outils, non déductible, et tu vois pourquoi il ne faut pas raisonner en « CA = revenu ».
Le versement libératoire de l'impôt sur le revenu (VL) ajoute 2,2 % de ton CA prélevés à chaque déclaration, et solde ton IR sur cette activité. Il n'est accessible que si ton revenu fiscal de référence N-2 ne dépasse pas 27 478 € par part. Pour le détail des cotisations, des exonérations et de la CFE, va voir le guide complet des charges en micro-entreprise.
Refacturer les abonnements Bubble, Webflow ou Airtable : le piège qui coûte le plus cher
C'est la question la plus spécifique du métier, et la plus mal traitée. Une application no-code ne vit pas sur un serveur que tu choisis : elle vit sur la plateforme de l'éditeur, sur un plan payant, tous les mois, tant que le client l'utilise. Quelqu'un doit payer cet abonnement — et selon qui paie, ta facture Urssaf change.
La règle : ce que tu avances puis refactures est du chiffre d'affaires
L'Urssaf est explicite sur ce point : le chiffre d'affaires à déclarer est le montant brut, et aucune charge n'est déductible. Sont expressément inclus dans le CA « les frais engagés s'ils sont facturés avec la vente ou la prestation ». Autrement dit, si tu paies l'abonnement Bubble depuis ta carte bancaire et que tu ajoutes une ligne « abonnement plateforme » sur ta facture de prestation, ces euros sont du CA. Tu cotises 25,6 % dessus, ils consomment ton plafond de 83 600 € et ton seuil de franchise TVA de 37 500 €.
Exemple chiffré n° 3. Tu gères quatre applications clients et tu avances 180 € d'abonnements par mois, que tu refactures à l'euro près sur tes factures de maintenance. Sur l'année : 2 160 € qui transitent par ton compte sans t'appartenir. Coût réel de ce transit : 2 160 × 25,6 % = 553 € de cotisations par an payées sur de l'argent que tu ne gardes pas. Et 2 160 € de moins sous ton seuil de TVA.
L'exception : les débours
L'Urssaf prévoit une exception, et une seule qui soit exploitable ici : les débours. Un débours n'est pas une charge, c'est une avance de frais faite au nom et pour le compte du client. Trois conditions cumulatives, toutes obligatoires :
- La facture originelle est établie au nom du client, pas au tien. C'est la condition qui bloque le plus souvent : il faut donc que le compte de facturation chez l'éditeur soit au nom du client.
- Le remboursement porte sur le montant exact engagé — pas de refacturation forfaitaire, pas d'arrondi, pas de marge. Si tu ajoutes 10 % de « frais de gestion », tu sors du régime des débours.
- Tu conserves les justificatifs, et le mandat qui te permet d'engager la dépense pour le compte du client.
Si ces conditions sont réunies, les sommes ne sont pas à inclure dans ton chiffre d'affaires : ni cotisations, ni consommation de plafond. Sinon, l'ensemble est requalifié en CA.
En pratique : trois montages, un seul recommandé
| Montage | Impact Urssaf | Verdict |
|---|---|---|
| Le client ouvre et paie lui-même les comptes plateformes | Aucun : rien ne transite par toi | Le plus simple et le plus sûr |
| Tu avances au nom du client (facture éditeur à son nom, remboursement à l'euro près) | Débours : hors CA si les conditions sont respectées | Viable, mais exige de la rigueur documentaire |
| Tu paies depuis ton compte et tu refactures en ligne de prestation | Chiffre d'affaires : 25,6 % de cotisations | À éviter |
Le réflexe à prendre dès le devis : écris noir sur blanc que les abonnements aux plateformes sont à la charge du client et souscrits en son nom. Ça t'évite le sujet fiscal, ça clarifie la propriété des comptes (voir plus bas), et ça protège ta trésorerie le jour où un client cesse de payer sans résilier.
TVA et franchise en base
Tant que ton CA reste sous le seuil de franchise en base, tu factures sans TVA et tu n'as aucune déclaration de TVA à déposer. Pour les prestations de services, les seuils 2026 sont de 37 500 € HT (seuil de base) et 41 250 € HT (seuil majoré, au-delà duquel tu deviens redevable dès le 1er du mois de dépassement). Tes factures portent alors la mention « TVA non applicable, article 293 B du CGI ».
Deux points méritent ton attention dans ce métier :
- Le seuil arrive vite. À 425 € par jour, 37 500 € correspondent à 88 jours facturés — soit un peu plus de la moitié d'une année pleine. La franchise en base n'est pas une situation durable pour un freelance no-code à temps plein.
- Les abonnements refacturés en CA comptent dedans. C'est le double effet du piège décrit plus haut : non seulement tu cotises sur ces sommes, mais elles te rapprochent aussi du basculement en TVA.
Basculer en TVA n'est pas une catastrophe pour un développeur no-code : tes clients sont majoritairement des entreprises assujetties, pour qui ta TVA est neutre, et tu récupères en échange la TVA sur ta stack d'outils. Certains freelances no-code optent d'ailleurs volontairement pour la TVA dès le départ pour cette raison. Attention en revanche si tu vends à des particuliers ou à des associations non assujetties : ton tarif TTC augmente mécaniquement.
Clients hors de France — pour une entreprise établie dans un autre pays de l'UE, l'autoliquidation s'applique : facture sans TVA avec le numéro de TVA intracommunautaire du client, et dépose une déclaration européenne de services (DES). Hors UE, la prestation est en principe hors champ de la TVA française. Le détail des seuils, des mentions et des cas particuliers est dans le guide TVA du micro-entrepreneur, et l'état du droit applicable se vérifie sur impots.gouv.fr.
TJM, tarifs et revenus d'un développeur no-code freelance
Les fourchettes de marché constatées en 2026 situent le tarif journalier d'un développeur no-code entre 300 et 550 €, avec une moyenne autour de 425 €. C'est en dessous d'un développeur full-stack senior, et c'est logique : la barrière à l'entrée est plus basse et la concurrence plus dense sur les profils généralistes.
| Profil | TJM constaté | Positionnement type |
|---|---|---|
| Junior (0–2 ans) | 300 – 365 € | Sites Webflow, automatisations simples, petites bases Airtable |
| Confirmé (3–6 ans) | 365 – 475 € | Apps Bubble complètes, intégrations API, back-offices métier |
| Senior / expert (7 ans et +) | 475 – 550 € et plus | Architecture de données, scalabilité, migration d'outils, formation d'équipes |
Calcul type pour un profil confirmé à 425 €, avec 15 jours facturés par mois :
- CA brut mensuel : 15 × 425 = 6 375 €
- Cotisations Urssaf 25,6 % : 1 632 €
- Net avant impôt sur le revenu : 4 743 €
- Avec versement libératoire (2,2 % supplémentaires) : 4 603 €
- Stack d'outils à provisionner, non déductible : 100 à 250 € selon les projets
Le vrai levier de ce métier n'est pas le TJM, c'est le forfait. Le no-code a un argument que le développement sur-mesure n'a pas : la vitesse. Un MVP livré en trois semaines au lieu de trois mois vaut, pour un client qui cherche à valider un marché, bien plus que le nombre de jours que tu y as passés. Facturer 12 000 € un projet qui te prend 18 jours revient à un tarif journalier implicite de 667 € — au-dessus de la fourchette senior, sur une mission que tu n'aurais jamais vendue à 667 €/jour.
Trois précautions si tu passes au forfait : cadrer le périmètre par écrit et fonctionnalité par fonctionnalité, prévoir un tarif clair pour les demandes hors scope (c'est là que se perdent les marges), et facturer un acompte de 30 à 40 % à la commande. Et pense au revenu récurrent : un contrat de maintenance mensuel sur les applications que tu as livrées lisse ta trésorerie bien mieux qu'une succession de projets.
À qui appartient l'application que tu livres ?
C'est la question contractuelle propre au no-code, et elle n'a pas d'équivalent dans le développement classique. Quand tu livres un projet en code, tu transfères des fichiers : le client repart avec un dépôt Git qu'un autre prestataire peut reprendre. Une application no-code, elle, n'existe que dans l'environnement de son éditeur. Ce que tu « livres » est un projet hébergé sur un compte — et la question de savoir qui détient ce compte détermine tout le reste.
Trois sujets à trancher dans le devis, avant de commencer :
- Qui ouvre et détient les comptes. La réponse la plus saine est : le client, avec ses propres identifiants, et il t'invite comme collaborateur. Tu évites le sujet des débours, tu évites de porter des abonnements pour un client qui disparaît, et tu évites la situation où ton client se retrouve dépendant de ton compte personnel.
- Comment le projet est transféré en fin de mission. Les mécanismes de transfert d'application diffèrent d'une plateforme à l'autre — vérifie ce que permet concrètement l'éditeur concerné avant de t'engager sur une modalité de livraison dans ton contrat, plutôt que de le découvrir au moment de la livraison.
- Ce que le client peut réellement récupérer. Ses données, oui, à peu près toujours, via un export. La logique applicative que tu as construite, beaucoup moins : c'est de la configuration propriétaire, pas du code portable. Dis-le explicitement, plutôt que de laisser le client croire qu'il pourra migrer sans tout reconstruire.
Ce n'est pas seulement une précaution juridique, c'est un argument commercial. Les clients qui ont déjà été enfermés chez un prestataire posent la question ; ceux qui ne l'ont pas encore été te seront reconnaissants de l'avoir posée à leur place. Prévois aussi une clause de fin de mission : documentation de la structure de données, transfert des accès, et une période de support post-livraison facturée à part.
Dernier point : documente ce que tu construis. Une base Airtable de 40 tables sans dictionnaire de données est aussi impénétrable qu'un code non commenté — et c'est ton propre futur toi qui reprendra le projet dans huit mois.
Assurances
Aucune assurance n'est légalement obligatoire pour un développeur no-code : pas de garantie décennale, pas d'obligation d'assurance professionnelle propre à l'activité. En revanche, la responsabilité civile professionnelle (RC Pro) est vivement recommandée, et de plus en plus demandée au moment de contractualiser avec des clients structurés.
Ce qu'elle couvre correspond assez bien aux risques du métier : une automatisation qui envoie des e-mails aux mauvais destinataires, une base client corrompue par une synchronisation mal paramétrée, une application indisponible en pleine période commerciale, un retard de livraison qui entraîne un préjudice financier. Les tarifs freelance tech démarrent autour d'une quinzaine d'euros par mois pour un contrat de base, mais compare plusieurs devis : les fourchettes varient fortement selon les plafonds de garantie et le chiffre d'affaires déclaré.
Deux compléments à envisager selon tes missions. Une garantie cyber si tu manipules des données personnelles sensibles dans les bases que tu construis — cas fréquent quand tu montes un CRM ou un outil RH pour un client. Et une extension « usage professionnel » sur ton assurance habitation si tu travailles depuis chez toi : ton contrat classique ne couvre pas ton matériel professionnel.
Pense aussi au RGPD. Dès que tu conçois une base de données clients pour une entreprise, tu interviens en tant que sous-traitant au sens du règlement : un contrat de sous-traitance est à prévoir avec ton client, et les questions d'hébergement des données par les plateformes utilisées méritent d'être posées avant de choisir la stack, pas après.
Étapes pour se lancer comme développeur no-code auto-entrepreneur
La création est entièrement en ligne et gratuite. Compte 30 à 45 minutes de démarches, puis une à deux semaines pour recevoir ton SIRET.
Étape 1 — Déclarer la création sur le Guichet Unique. Sur procedures.inpi.fr, crée un compte et démarre une déclaration de création d'entreprise individuelle. Décris ton activité de façon à obtenir le bon code : « conception et développement d'applications et de sites web ». Prépare une pièce d'identité et un justificatif de domicile.
Étape 2 — Choisir tes options fiscales et sociales. Trois décisions dans le formulaire : la périodicité de déclaration Urssaf (mensuelle, plus lisible pour ta trésorerie, ou trimestrielle), le versement libératoire de l'IR si tu y as droit et que tu es imposable (à demander dans les trois mois suivant la création), et ta date de début d'activité — le 1er d'un mois simplifie ta première déclaration.
Étape 3 — Ouvrir un compte bancaire dédié. Obligatoire seulement au-delà de 10 000 € de CA sur deux années consécutives, mais utile dès le début : la séparation des flux te fait gagner un temps considérable au moment de déclarer, surtout si des abonnements clients transitent par toi.
Étape 4 — Construire une preuve avant de démarcher. Le no-code se vend par la démonstration. Deux ou trois applications publiques, même construites pour toi-même, valent mieux qu'un CV. Les communautés d'éditeurs (annuaires d'experts Bubble, de partenaires Webflow, de makers Make) restent une source d'entrée de missions à ne pas négliger la première année.
Étape 5 — Cadrer ton offre et ta facturation. Avant le premier devis, fixe : ton TJM ou tes forfaits, ta politique d'acompte, ta clause hors scope, et surtout ta règle sur les abonnements plateformes. Puis équipe-toi d'un outil qui émet des factures conformes, suit ton CA cumulé et t'alerte avant le seuil de TVA — ces deux compteurs sont ceux qui te coûteront cher si tu les découvres trop tard.
Outils pour piloter ton activité
Ta stack se répartit en trois couches : les plateformes de production (celles que tu factures), la gestion de la relation client, et l'administratif. La première dépend de ton positionnement ; les deux autres sont les mêmes pour tous les freelances.
💼 La stack administrative recommandée pour un développeur no-code
Quand tu enchaînes les forfaits, les contrats de maintenance et les acomptes, deux compteurs comptent vraiment : ton CA cumulé face au seuil de TVA, et les cotisations à provisionner. Eikio a été créé pour les solopreneurs comme toi :
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Côté production, la stack dépend du type de projet : constructeurs d'applications (Bubble, FlutterFlow), sites et vitrines (Webflow, Framer), bases de données et back-offices (Airtable, Baserow, Softr), automatisation et intégration (Make, n8n, Zapier). Le conseil qui vaut pour tous : spécialise-toi sur deux outils que tu maîtrises à fond plutôt que d'en survoler huit. C'est ce qui sépare un TJM à 350 € d'un TJM à 500 €.
Côté relation client, un outil de gestion de projet léger et un outil de signature électronique suffisent la première année. Documente systématiquement le périmètre validé : dans un métier où l'itération est rapide et bon marché, la demande hors scope est la principale fuite de rentabilité.
Côté administratif, applique la règle du compte de provision : à chaque encaissement, vire 30 % sur un compte d'épargne dédié et n'y touche plus. Ça couvre tes cotisations, la CFE et l'impôt sur le revenu — et ça t'évite le trou de trésorerie classique de la deuxième année, quand les cotisations sur une bonne première année tombent en même temps que le premier creux commercial.
Aides à la création
L'ACRE (Aide à la Création ou Reprise d'Entreprise) réduit tes cotisations la première année. En 2026, le niveau d'exonération dépend de ta date de création : 50 % pour une création antérieure au 1er juillet 2026, 25 % à partir du 1er juillet 2026. Sur 30 000 € de CA, l'économie est donc de 3 840 € dans le premier cas et de 1 920 € dans le second. L'ACRE suppose de remplir l'une des conditions d'éligibilité (demandeur d'emploi indemnisé ou indemnisable, bénéficiaire du RSA ou de l'ASS, moins de 26 ans, création dans un quartier prioritaire, salarié d'une entreprise en difficulté, notamment) et ne s'obtient qu'une fois tous les trois ans. Vérifie les conditions et le délai de demande en vigueur sur urssaf.fr au moment de ta création.
L'ARE maintenue : si tu es indemnisé par France Travail, tu peux cumuler allocation et revenus de ta micro-entreprise. L'allocation versée est réduite en fonction du revenu d'activité déclaré, calculé à partir de ton CA après abattement forfaitaire. C'est le montage le plus fréquent pour se lancer dans le no-code après une rupture conventionnelle : il te laisse le temps de construire tes premières références.
L'ARCE : alternative à l'ARE maintenue, elle te verse une partie de tes droits restants en capital, en deux fois. Utile si tu as besoin de trésorerie immédiate — mais dans le no-code, les besoins d'investissement au démarrage sont faibles, donc l'ARE maintenue est le plus souvent le meilleur choix. Un simulateur France Travail permet de comparer les deux options sur ta situation réelle.
Cinq erreurs à éviter
- Refacturer les abonnements plateformes sur tes factures de prestation. C'est l'erreur n° 1 du métier : ces montants deviennent du chiffre d'affaires, cotisé à 25,6 %, et consomment ton plafond comme ton seuil de TVA. Fais ouvrir les comptes au nom du client, ou respecte strictement le régime des débours.
- Se décrire comme « consultant en organisation » au Guichet Unique. Tu risques un code 70.22Z au lieu du 62.01Z. Décris une activité de conception et de développement d'applications : c'est ce que reconnaît la nomenclature, y compris pour l'adaptation et la configuration d'outils existants.
- Vendre au jour ce qui devrait se vendre au forfait. La valeur du no-code est la vitesse de livraison. Facturer un MVP à la journée, c'est te faire payer moins cher parce que tu vas plus vite — l'inverse de ce que tu devrais valoriser.
- Ne pas cadrer le périmètre par écrit. Modifier une app no-code est si rapide que les clients demandent naturellement « juste un petit ajout ». Sans grille hors scope dans le devis, ta marge s'évapore projet après projet.
- Ignorer le seuil de TVA de 37 500 €. À 425 € par jour, il tombe autour de 88 jours facturés. Franchi sans anticipation, tu deviens redevable dès le 1er du mois de dépassement, y compris sur des factures déjà émises ce mois-là. Surveille ton CA cumulé tous les mois.
Questions fréquentes
Quel code APE choisir pour devenir développeur no-code auto-entrepreneur ?
Le code le plus adapté est 62.01Z « Programmation informatique ». La sous-classe INSEE couvre la conception d'applications logicielles, de bases de données et de pages web, ainsi que « l'adaptation de logiciels », c'est-à-dire la modification et la configuration d'une application existante pour la rendre opérationnelle chez le client : c'est exactement une mission no-code. Si ton activité est majoritairement de l'audit d'outillage sans construction, 62.02A peut convenir.
Quel est le taux de cotisations Urssaf d'un développeur no-code en 2026 ?
25,6 % du chiffre d'affaires encaissé. Le développement no-code est une activité libérale en BNC, au régime général hors CIPAV. Ce taux couvre maladie, retraite de base et complémentaire, allocations familiales, invalidité-décès, CSG-CRDS et formation professionnelle. Le taux réduit que tu croiseras ailleurs concerne les prestations de services commerciales ou artisanales (BIC), pas ce métier.
Faut-il un diplôme pour être développeur no-code en micro-entreprise ?
Non. L'activité n'est ni réglementée ni soumise à qualification : aucun diplôme ni titre ne conditionne la création. Les certifications d'éditeurs (Bubble, Webflow, Make) n'ont pas de valeur juridique mais restent un argument commercial face à un client qui ne sait pas évaluer ton niveau technique.
Comment refacturer les abonnements Bubble ou Webflow sans payer de cotisations dessus ?
Par le régime des débours. Si tu paies depuis ton compte puis refactures, c'est du chiffre d'affaires cotisé à 25,6 %. Pour que ce soit un débours, l'avance doit être faite au nom et pour le compte du client, la facture de la plateforme doit être établie au nom du client, et le remboursement doit porter sur le montant exact engagé, sans forfait ni marge. Le plus simple reste que le client ouvre et paie lui-même les comptes.
Quel est le plafond de CA d'un développeur no-code en micro-entreprise en 2026 ?
83 600 € HT par an, le plafond des prestations de services et activités libérales. À 425 € par jour, cela correspond à environ 197 jours facturés. Un dépassement isolé est toléré ; deux années consécutives au-dessus te font sortir du régime micro au 1er janvier suivant. Le plafond est proratisé la première année.
Combien gagne un développeur no-code freelance ?
Les fourchettes de marché constatées en 2026 vont d'environ 300 €/jour (junior) à 550 €/jour (senior), avec une moyenne autour de 425 €. Sur 15 jours facturés à 425 €, le CA brut mensuel atteint 6 375 €, soit 4 743 € après cotisations Urssaf de 25,6 %, avant impôt. Le taux d'occupation réel compte plus que le tarif affiché : 130 à 170 jours facturés par an est une base réaliste.
Un développeur no-code doit-il facturer la TVA ?
Pas tant que ton CA reste sous 37 500 € HT sur l'année civile : tu factures avec la mention « TVA non applicable, article 293 B du CGI ». Au-delà du seuil majoré de 41 250 €, tu deviens redevable. Attention : les abonnements que tu refactures en chiffre d'affaires comptent dans ce seuil, ce qui fait basculer certains freelances plus tôt que prévu.
À qui appartient l'application no-code une fois la mission terminée ?
Cela dépend de qui détient le compte sur la plateforme. Contrairement à un projet livré sur un dépôt Git, une app no-code vit dans l'environnement d'un éditeur : si le compte est à ton nom, le client ne détient rien d'exploitable. Prévois dans le devis qui ouvre les comptes, qui les paie et comment l'application est transférée en fin de mission, en vérifiant au préalable ce que permet la plateforme concernée.
Le no-code permet-il de facturer plus cher qu'un développeur classique ?
Rarement au tarif journalier, souvent au forfait. Le TJM no-code reste sous celui d'un full-stack senior, mais le no-code livre en une à trois semaines ce qui demanderait deux à trois mois en sur-mesure. Facturer au forfait, sur la valeur livrée, est donc nettement plus rentable — à condition de cadrer le périmètre et de facturer les demandes hors scope.
Peut-on cumuler un emploi salarié et une activité de développeur no-code ?
Oui, et c'est la porte d'entrée la plus fréquente dans ce métier. Vérifie ta clause de non-concurrence et ton obligation de loyauté : facturer des prestations concurrentes de celles de ton employeur peut être fautif. Côté Urssaf, les deux activités cotisent indépendamment.
En résumé
Le développement no-code est une activité libérale non réglementée, en BNC au régime général : code APE 62.01Z, cotisations de 25,6 % du CA encaissé, abattement forfaitaire de 34 % pour l'impôt, plafond de 83 600 € et franchise de TVA jusqu'à 37 500 €. Aucun diplôme n'est requis, la création prend une trentaine de minutes, et le métier se prête particulièrement bien à un démarrage en parallèle d'un emploi salarié.
Deux réflexes font toute la différence sur la rentabilité réelle. Le premier est fiscal : ne refacture jamais les abonnements des plateformes sur tes factures de prestation — fais-les souscrire par le client, ou respecte strictement les conditions des débours, sous peine de cotiser 25,6 % sur de l'argent qui ne t'appartient pas. Le second est contractuel : tranche dès le devis qui détient les comptes et comment l'application est transférée en fin de mission. Pour le reste, surveille ton CA cumulé face au seuil de TVA et provisionne 30 % de chaque encaissement. Eikio a été conçu pour ça, et son offre gratuite suffit largement pour tes premières missions.

