Code APE 5610C : la restauration de type rapide en auto-entreprise
Vous ouvrez un snack, une sandwicherie, une pizzeria à emporter, un food truck ou un stand de repas sur le marché, et le code 5610C vous a été attribué. Deux choses se jouent ici et nulle part ailleurs : votre activité est fiscalement une vente, pas une prestation de service — ce qui change le taux de cotisations, l’abattement et le plafond ; et rien ne peut ouvrir avant d’avoir réglé des obligations sanitaires et des autorisations qui ne figurent dans aucun barème. Voici les deux dans l’ordre.
Vérifié le 30 septembre 2026 : notice Insee du 56.10C et de ses codes voisins, table de correspondance NAF 2025 de l’Insee, taux et plafond du régime micro pour la vente de denrées, barème ACRE issu du décret du 6 février 2026, seuils de franchise en base de TVA des activités commerciales, taux de TVA de la restauration, obligation de formation à l’hygiène alimentaire, régime du commerce ambulant et licences de débits de boissons contrôlés à cette date.
Le code APE 5610C correspond à « Restauration de type rapide » : vente au comptoir d’aliments et de boissons à consommer sur place ou à emporter, en conditionnements jetables, y compris en équipement mobile et sur les marchés. L’activité est exerçable en micro-entreprise et relève des BIC vente : 12,3 % de cotisations sociales en 2026, plus 0,1 % de CFP, un abattement fiscal de 71 % et un plafond de 203 100 €. Une réserve, à régler avant les taux : la formation à l’hygiène alimentaire, la déclaration sanitaire et les autorisations d’occupation du domaine public conditionnent l’ouverture, pas le régime fiscal.
À régler avant la première vente
Le 56.10C est un code où le régime micro est simple et où tout le reste l’est moins. Quatre points conditionnent l’ouverture, indépendamment de votre statut : la formation à l’hygiène alimentaire, obligatoire dans la restauration commerciale et qui vise nommément la vente à emporter, food truck et camionnette comprises ; la déclaration à la direction départementale en charge de la protection des populations, à effectuer avant l’ouverture dès que vous manipulez des denrées d’origine animale ; l’autorisation d’occupation du domaine public si vous vendez dans la rue ou sur un marché ; et une licence dès la première bière vendue. Le détail est traité dans la section conditions à régler avant la première vente.
Fiche express — code APE 5610C
- Libellé officiel Insee
- Restauration de type rapide (NAF rév. 2, code 56.10C)
- Activités principales
- Fourniture au comptoir à consommer sur place ou à emporter en conditionnements jetables, repas à emporter, vente de repas en équipement mobile, préparation de repas sur éventaires et marchés, vente de crème glacée en chariot, salons de thé
- Exercice en micro-entreprise
- Possible, sous conditions d’exercice : formation à l’hygiène alimentaire, déclaration sanitaire avant ouverture, autorisation d’occupation du domaine public et licence si vente d’alcool
- Catégorie fiscale
- BIC — vente de denrées à emporter ou à consommer sur place
- Abattement forfaitaire (IR)
- 71 %, avec un minimum de 305 €
- Plafond de CA 2026 (micro-entreprise)
- 203 100 € — seuil unique des ventes de marchandises et denrées, apprécié sur l’année N-1 ou N-2
- Taux de cotisations Urssaf 2026
- 12,3 % du chiffre d’affaires encaissé, hors ACRE et hors CFP
- CFP (en supplément)
- 0,1 % du chiffre d’affaires pour une activité commerciale
- Versement libératoire (option)
- 1 % du CA pour le commerce et la restauration, sous condition de revenu fiscal de référence
- Seuils de franchise TVA 2026
- 85 000 € (année précédente) / 93 500 € (année en cours) — très en dessous du plafond micro
- CFE
- Aucune l’année de création, base réduite de moitié l’année suivante ; exonération si le CA HT N-2 ne dépasse pas 5 000 €
- Assurance / qualification
- Aucun diplôme exigé ; formation hygiène obligatoire ; aucune assurance légalement obligatoire au seul titre du code, mais responsabilité civile couramment exigée pour occuper le domaine public — à vérifier auprès de la commune
- Correspondance NAF 2025
- Correspondance multiple : le 56.10C se partage entre 56.11J (restauration rapide) et 56.12Y (restauration mobile)
Qu’est-ce que le code APE 5610C ?
Le code APE 5610C porte le libellé officiel « Restauration de type rapide » dans la nomenclature NAF rév. 2 de l’Insee. Sa notice tient en une idée : la fourniture au comptoir d’aliments et de boissons, à consommer sur place ou à emporter, présentés dans des conditionnements jetables. Ce n’est donc ni la vitesse de préparation ni le type de cuisine qui définissent le code, mais l’absence de service à la table et le conditionnement jetable — un burger cuisiné vingt minutes au comptoir reste du 56.10C, une assiette servie en salle n’en relève pas.
Le code est attribué à l’immatriculation de votre micro-entreprise sur le guichet unique, à partir de la description d’activité que vous saisissez. Sa finalité est statistique : le décret n° 2007-1888 rappelle que l’attribution d’un code APE « ne saurait suffire à créer des droits ou des obligations » en faveur ou à la charge des unités concernées. Votre licence, votre formation hygiène et votre autorisation de stationnement ne s’y lisent pas, et ne s’en déduisent pas davantage. Si le code reçu ne correspond pas à votre activité réelle, la correction se demande à l’Insee — la démarche et les règles générales d’attribution sont traitées dans notre guide du code APE.
Transition NAF 2025 — correspondance multiple, le sédentaire et le mobile se séparent
Dans la NAF 2025, applicable aux attributions à compter du 1er janvier 2027, la table de correspondance de l’Insee classe le 56.10C en correspondance multiple, avec deux destinations. Tout le contenu de la sous-classe, à l’exception des activités de service de restauration mobile, est couvert par le 56.11J « Restauration de type rapide ». Les activités mobiles — camions de restauration chaude, vendeurs de repas, vendeurs de glaces, préparation d’aliments sur des étals de marché, vendeurs de snacks, de yaourts glacés et de crêpes — partent au 56.12Y « Activités de service de restauration mobile ». Autrement dit, la frontière entre le local et le camion, aujourd’hui invisible, devient une frontière de code. Un point à vérifier au moment de l’attribution : la notice du futur 56.30Y « Activités de débit de boissons » cite les salons de thé, aujourd’hui rattachés au 56.10C par une mention « comprend aussi », alors que la table de correspondance ne retient que les deux destinations ci-dessus. Cette URL reste inchangée puisqu’elle désigne le code en vigueur pour les attributions actuelles : avec deux périmètres distincts à l’arrivée, une redirection automatique en désignerait forcément un de travers, et c’est une page de correspondance qui devra relier les situations.
Quelles activités couvre le code 5610C ?
La notice Insee énumère cinq situations : les restaurants de restauration rapide, ceux qui proposent principalement des repas à emporter, la vente de crème glacée dans des chariots, la vente de repas dans des équipements mobiles et la préparation de repas sur des éventaires ou sur les marchés. Elle y ajoute les salons de thé, et n’exclut explicitement qu’une seule chose : la vente de nourriture par distributeurs automatiques. Les autres frontières se lisent dans les notices voisines.
| Prestation | Code | Distinction |
|---|---|---|
| Fourniture au comptoir d’aliments et de boissons à consommer sur place ou à emporter, en conditionnements jetables : snack, sandwicherie, pizzeria, burger, kebab, poke | 5610C | Cité explicitement par la notice |
| Restaurant proposant principalement des repas à emporter | 5610C | Cité explicitement par la notice |
| Vente de repas dans des équipements mobiles : food truck, camion-pizza, crêperie ambulante | 5610C | Cité explicitement par la notice |
| Préparation de repas sur des éventaires ou sur les marchés, vente de crème glacée dans des chariots | 5610C | Cité explicitement par la notice |
| Salon de thé | 5610C | Rattaché par la mention « comprend aussi » |
| Restauration avec un service à la table | 5610A | Restauration traditionnelle — le service en salle fait basculer le code |
| Restauration en libre-service de type cafétéria, avec plateau | 5610B | Cafétérias et autres libres-services |
| Repas fournis sur la base d’un contrat, au lieu choisi par le client et pour une occasion particulière : noces, banquets, réceptions | 5621Z | Services des traiteurs — c’est le contrat, pas le camion, qui décide |
| Vente sur un marché de produits alimentaires non préparés : fruits, légumes, fromages, poissons | 4781Z | Commerce de détail alimentaire sur éventaires — sa notice renvoie au 56.10C pour les aliments préparés |
| Vente de nourriture par distributeurs automatiques | 4799B | Seule exclusion explicite de la notice du 56.10C |
Trois frontières reviennent sans cesse. Avec le 5610A, le critère est le service : la notice de la restauration traditionnelle vise « l’activité de restauration avec un service à la table », et des tables installées devant un camion ne suffisent pas à y faire basculer une vente au comptoir. Avec le 5621Z, le critère est contractuel : le traiteur fournit un service de restauration « sur la base de dispositions contractuelles conclues avec le client, à l’endroit précisé par celui-ci et pour une occasion particulière » — privatiser son camion pour un mariage relève de ce code, ouvrir au public sur une place ne s’y rattache pas. Avec le 4781Z, le critère est la transformation, et l’Insee l’écrit dans les deux sens : la notice du commerce de détail alimentaire sur éventaires exclut explicitement « le commerce de détail d’aliments préparés destinés à être consommés sur place (services de restauration mobile) », en renvoyant au 56.10C. Vendre des fruits sur un marché relève du 4781Z, y vendre des crêpes relève du 5610C.
Les conditions à régler avant la première vente
Formation à l’hygiène alimentaire : obligatoire, une personne suffit
La formation aux règles d’hygiène alimentaire est obligatoire dans les établissements de restauration commerciale, et la liste officielle des établissements concernés désigne nommément la « restauration rapide et vente à emporter », y compris la vente en magasin, sur éventaire et marché, food-truck et camionnette comprises. Il suffit qu’une seule personne de l’établissement l’ait suivie. Sa durée minimale est de 14 heures, dont au moins 2 heures en présentiel par séquence de 7 heures, et elle n’a ni date de validité ni obligation de renouvellement. Elle est facultative si vous justifiez d’au moins 3 ans d’activité dans le secteur alimentaire comme gestionnaire ou exploitant. Elle ne se confond pas avec la formation HACCP du « paquet hygiène » européen, qui s’adresse à toute personne manipulant des denrées, peut être organisée en interne et n’a ni durée ni contenu imposés.
Déclaration sanitaire : avant l’ouverture, pas après
Toute activité manipulant des denrées d’origine animale destinées aux consommateurs doit être déclarée à la direction départementale en charge de la protection des populations, avant l’ouverture de l’établissement : c’est cette déclaration qui permet de programmer les visites de contrôle sanitaire. Un agrément distinct est nécessaire si vous vendez des denrées animales à d’autres professionnels. En contrôle, les documents à pouvoir présenter sont listés : relevés de températures, fiches de réception des produits, entretien des hottes, contrôle des huiles de friture, plan de nettoyage et de dératisation, documents de formation du personnel. Les sanctions vont de l’avertissement à la fermeture de l’établissement.
Vendre dans l’espace public : autorisation, et parfois carte
Toute occupation du domaine public nécessite une autorisation, et sa nature dépend du lieu : une demande d’emplacement auprès de la mairie, du placier ou de l’organisateur pour une halle, un marché ou une foire ; un permis de stationnement pour un food truck, un camion-pizza ou un stand mobile sur la voie publique ; une permission de voirie pour un kiosque fixé au sol ou une terrasse fermée. Ces autorisations sont temporaires et n’excèdent généralement pas un an. S’y ajoute, pour la plupart des activités ambulantes, la carte de commerce et d’artisanat ambulant, délivrée par la CCI ou la chambre de métiers pour 30 € après déclaration préalable. Elle n’est pas exigée dans quelques cas, notamment si votre activité ambulante s’exerce uniquement sur les marchés de la commune de votre habitation ou de votre établissement principal, ou pour des tournées limitées aux communes limitrophes de votre local.
Boissons alcoolisées : licence obligatoire, format par format
Toute personne qui vend des boissons alcooliques, à titre principal ou accessoire, doit posséder une licence. Un restaurateur qui ne sert de l’alcool qu’aux heures des repas et en accompagnement d’un plat relève des licences restaurant : la petite licence restaurant pour les boissons du groupe 3 — vin, bière, cidre, jusqu’à 18° —, la licence restaurant au-delà. Les commerces ambulants sont plus contraints : la vente de boissons titrant plus de 18° leur est interdite, la licence IV leur est fermée, et les alcools du groupe 3 exigent la petite licence à emporter. Deux contraintes supplémentaires à vérifier avant de choisir un emplacement : les zones protégées délimitées par arrêté préfectoral autour des établissements scolaires, sportifs et de santé, et la formation spécifique exigée pour la vente d’alcool à emporter la nuit.
Régime fiscal : BIC vente, abattement et plafond
C’est le point qui surprend le plus sur ce code : vous préparez, vous cuisinez, vous servez — et fiscalement, vous vendez. Les denrées à emporter ou à consommer sur place relèvent de la catégorie commerciale des BIC, celle des ventes de marchandises, et non des prestations de services. L’abattement forfaitaire applicable à l’impôt sur le revenu est donc de 71 %, avec un minimum de 305 €. Sur 40 000 € de chiffre d’affaires annuel, la base imposable ressort à 11 600 €, ajoutée ensuite aux autres revenus de votre foyer. Cet abattement n’est pas une déduction de charges réelles : il remplace forfaitairement vos achats de matières premières, votre énergie, votre emballage et votre carburant — un poste lourd dans ce métier, où la marge se joue au ticket.
L’erreur de catégorie la plus fréquente
Provisionner 21,2 % et un abattement de 50 % parce qu’on se voit fournir une prestation. Ces valeurs sont celles des prestations de services BIC. La restauration rapide relève de la vente : 12,3 % de cotisations et 71 % d’abattement. L’écart de 8,9 % sur les cotisations représente 356 € par mois sur 4 000 € de chiffre d’affaires. Ici, l’erreur joue en votre faveur — mais elle fausse le prévisionnel, et surtout elle s’inverse dès que vous ajoutez une vraie prestation de service à votre offre, chaque activité conservant alors son propre taux.
Le plafond du régime micro applicable est celui des ventes : 203 100 € pour 2026, et c’est un seuil unique — il n’y a pas de double plafond pour les activités de vente de marchandises ou de denrées. Il s’apprécie sur l’année N-1 ou N-2 : vous ne sortez du régime que si le seuil est dépassé deux années consécutives. L’année de création, le régime s’applique automatiquement et le seuil est proratisé au nombre de jours d’activité : pour une immatriculation au 1er juillet, cela représente environ 102 385 € sur 184 jours. Ce n’est qu’à partir de la deuxième année complète que la totalité du seuil doit être respectée.
L’option pour le versement libératoire de l’impôt sur le revenu, si vous y êtes éligible au regard de votre revenu fiscal de référence, coûte 1 % du chiffre d’affaires pour le commerce et la restauration. Elle se cumule avec les cotisations sociales, elle ne les remplace pas. Et si votre offre se scinde — vente de repas d’un côté, animation ou privatisation facturée en prestation de l’autre —, vous êtes en activité mixte : deux taux, deux abattements, et une déclaration Urssaf qui doit ventiler le chiffre d’affaires par activité.
Cotisations Urssaf en 2026 : 12,3 %
Une activité de restauration rapide en micro-entreprise cotise 12,3 % de son chiffre d’affaires encaissé — le taux du régime micro-social applicable à la vente de marchandises et de denrées. S’y ajoute la contribution à la formation professionnelle, soit 0,1 % du chiffre d’affaires pour une activité commerciale, affichée séparément et prélevée en une fois en novembre. Ce taux couvre l’ensemble de votre protection sociale obligatoire : maladie-maternité, allocations familiales, CSG-CRDS, invalidité-décès, retraite de base et complémentaire. Il porte sur le montant encaissé : dans un métier où l’essentiel du chiffre d’affaires tombe au comptant, cela colle au réel — mais une commande professionnelle réglée à 30 jours appartient au mois de l’encaissement, pas à celui du service.
ACRE — règle applicable au 30 septembre 2026
Pour une micro-entreprise créée à compter du 1er juillet 2026, l’exonération ACRE porte sur 25 % des cotisations sociales pendant 12 mois (décret n° 2026-69 du 6 février 2026), contre la moitié auparavant. Elle n’est plus automatique : la demande doit être déposée auprès de l’Urssaf au plus tard le 60e jour suivant l’ouverture de l’activité, et elle est soumise à conditions d’éligibilité. La CFP, elle, n’est pas réduite par l’ACRE.
Exemple pour 4 000 € de CA encaissé sur un mois
Sans ACRE
Cotisations sociales : 4 000 € × 12,3 % = 492 €.
CFP : 4 000 € × 0,1 % = 4 €.
Total des prélèvements présentés : 496 €.
Avec ACRE, première année
Cotisations sociales, après l’exonération de 25 % : 492 € × 0,75 = 369 €.
CFP : inchangée, 4 €.
Total : 373 €, soit 123 € d’économie sur le mois.
Hypothèses : activité unique de vente de denrées en BIC, chiffre d’affaires encaissé et non facturé, création postérieure au 1er juillet 2026 pour les montants ACRE, impôt sur le revenu, CFE, TVA et versement libératoire exclus. Ces montants ne constituent pas un revenu net, et ne tiennent pas compte de vos achats de matières premières. Estimez votre revenu avec le simulateur de revenus.
TVA : franchise en base, puis trois taux
Pour une activité commerciale ou d’hébergement en 2026, le seuil de base est de 85 000 € : son dépassement entraîne la sortie de la franchise au 1er janvier suivant. Si le chiffre d’affaires de l’année en cours dépasse 93 500 €, la TVA s’applique dès le jour du dépassement. Le chiffre d’affaires de l’année précédente doit donc aussi être pris en compte. L’année de démarrage, le chiffre d’affaires est ramené à une année complète au prorata des jours d’activité pour apprécier ces seuils.
Si vous bénéficiez de la franchise en base, indiquez « TVA non applicable, art. 293 B du CGI » jusqu’au 31 décembre 2026. À compter du 1er janvier 2027, la référence prévue est « TVA non applicable, art. L. 233-3 du CIBS ». L’ordonnance n° 2026-671 du 27 juillet 2026 a reporté la bascule initialement prévue en septembre et renuméroté la disposition. Vérifiez la référence officielle avant cette échéance, le calendrier ayant déjà évolué.
Consulter le texte CIBS prévu pour le 1er janvier 2027 sur Légifrance
Ce sont les seuils des activités commerciales, et leur écart avec le plafond micro mérite d’être posé noir sur blanc : vous pouvez rester en micro-entreprise jusqu’à 203 100 € mais devenir redevable de la TVA dès 85 000 €. Dans la restauration rapide, ce seuil est franchi par une activité à plein temps toute l’année, pas par une exception : c’est un cap à anticiper, pas un cas d’école. Le jour où vous y passez, la TVA de la restauration se décline en trois taux, selon que le produit est destiné à une consommation immédiate ou peut être conservé — 10 % sur les plats et boissons servis pour une consommation immédiate, y compris la vente à emporter chaude ou froide ; 5,5 % sur ce qui est conditionné pour être conservé, une bouteille ou une canette fermée, un yaourt, un paquet de chips ou un fruit à l’unité ; 20 % sur toutes les boissons alcoolisées, quel que soit le mode de consommation. Un ticket de snack mélange donc régulièrement trois taux, ce qui se prépare dans la caisse avant la première déclaration. Le détail figure dans notre guide de la TVA en micro-entreprise, et les informations à faire figurer sur vos documents dans le guide des mentions obligatoires.
CFE : exonération et montant
Aucune cotisation foncière des entreprises n’est due l’année de création de votre activité. L’année suivante, la base d’imposition est réduite de moitié.
Ensuite, le montant dépend de votre commune et des locaux utilisés, ce qui pèse particulièrement ici : un local commercial avec cuisine a une valeur locative, un camion et un emplacement de marché relèvent d’une logique différente, et la base minimum fixée par la commune varie selon votre chiffre d’affaires. Si votre chiffre d’affaires HT de l’année N-2 ne dépasse pas 5 000 €, vous êtes exonéré de plein droit. Il n’existe pas de tarif national à annoncer : consultez les règles de calcul et d’exonération de la CFE sur Service Public, puis votre avis dans votre espace professionnel ou auprès de votre service des impôts des entreprises.
Assurances : obligation légale ou exigence de la mairie ?
Aucune assurance n’est légalement obligatoire au seul titre du code 56.10C : la restauration rapide ne figure pas parmi les activités pour lesquelles la loi impose une assurance professionnelle, contrairement au bâtiment ou aux professions réglementées. La distinction utile n’est donc pas entre obligatoire et facultatif, mais entre trois niveaux : ce que la loi impose, ce qu’un tiers exige par contrat, et ce que le risque du métier rend raisonnable.
Le niveau intermédiaire est celui qui bloque le plus souvent un projet. Une autorisation d’occupation du domaine public — emplacement de marché, permis de stationnement, permission de voirie — est délivrée par la commune selon ses propres conditions, et la production d’une attestation de responsabilité civile en fait couramment partie. Ce n’est pas une règle nationale que l’on peut affirmer ici : c’est un point à vérifier dans le règlement du marché ou auprès du service concerné de votre mairie, avant de déposer votre demande. Même logique pour un emplacement en événement privé, où l’organisateur fixe ses exigences.
Le troisième niveau est une question de bon sens économique. Le sinistre typique de la restauration rapide n’est pas un litige de prestation mais un dommage corporel ou matériel : une intoxication alimentaire imputée à un plat, une brûlure, un incendie de friteuse, une bouteille de gaz, une rupture de chaîne du froid qui rend un lot entier suspect, un dégât causé à l’emplacement occupé. Une responsabilité civile professionnelle peut couvrir ces dommages causés aux tiers, et une multirisque professionnelle protéger le local, le matériel et le stock, avec des garanties « perte d’exploitation » qui prennent tout leur sens quand une fermeture administrative de quelques jours suffit à effacer un mois de marge. Ce sont les garanties, exclusions et franchises du contrat qui déterminent la couverture réelle — lisez notamment ce qui est prévu pour l’intoxication alimentaire, le matériel de cuisson et le véhicule aménagé, souvent traités à part.
Exemple de premier devis de commande à emporter
La restauration rapide se facture au ticket, mais le devis reste l’outil des commandes groupées — et c’est là que se jouent les malentendus. Exemple fictif pour septembre 2026 : « Commande groupée à emporter — formule sandwich, accompagnement et boisson sans alcool ». 40 formules × 12 € = 480 € à payer, sous l’hypothèse d’une franchise en base de TVA. L’unité adaptée est la formule, pas l’heure. Détaillez le périmètre inclus : nombre de formules, choix arrêté à l’avance, conditionnements jetables individuels, liste des allergènes communiquée avec le bon de commande, retrait sur place à l’heure convenue. Et détaillez surtout les exclusions, parce qu’elles changent de code et de métier : pas de service en salle, pas de mise à disposition de personnel sur site, pas de vaisselle ni de mobilier — une prestation servie sur le lieu choisi par le client pour une occasion particulière relève du 5621Z des traiteurs, avec ses propres obligations. Précisez enfin le délai de confirmation, l’acompte éventuel et le sort des formules non retirées. Ce prix illustre la structure du devis et ne constitue pas un tarif conseillé.
Mention dans cet exemple : « TVA non applicable, art. 293 B du CGI ». La structure complète est détaillée dans notre guide du devis auto-entrepreneur.
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Foire aux questions
Les points à clarifier avant votre première vente avec ce code.
Mon food truck relève-t-il du 5610C ou du 5621Z ?
Des deux, selon le contrat — et pas selon le véhicule. La notice du 56.10C range dans la restauration rapide « la vente de repas dans des équipements mobiles » et « la préparation de repas sur des éventaires ou sur les marchés » : vous vous installez, vous ouvrez au public, chacun achète son repas. Le 56.21Z des services des traiteurs couvre au contraire « la fourniture de services de restauration sur la base de dispositions contractuelles conclues avec le client, à l’endroit précisé par celui-ci et pour une occasion particulière », ce qui inclut noces, banquets, cocktails et réceptions. Un même camion peut donc basculer d’un code à l’autre selon la semaine : marché du dimanche et pause déjeuner d’une zone d’activité en 56.10C, mariage privatisé au forfait en 56.21Z. Le code APE retenu est celui de votre activité principale, mesurée sur l’ensemble de votre chiffre d’affaires. La distinction a une conséquence très concrète : l’obligation de formation à l’hygiène alimentaire vise nommément la restauration rapide y compris food-truck et camionnette, et Service Public en dispense expressément le traiteur.
Un snack cotise-t-il 12,3 % ou 21,2 % ?
12,3 %, parce que la vente de denrées à emporter ou à consommer sur place est une vente et non une prestation. Le barème du régime micro-social range la « vente de marchandises et fourniture d’hébergement » à 12,3 % : vous relevez de ce taux, de l’abattement de 71 % et du plafond de 203 100 €. Le cas à surveiller est l’activité mixte : si vous ajoutez une prestation de service véritable — animation, mise à disposition de personnel, privatisation —, chaque activité garde son propre taux, et votre déclaration Urssaf doit ventiler le chiffre d’affaires par activité distincte.
La formation à l’hygiène alimentaire est-elle obligatoire pour une sandwicherie ?
Oui. Service Public range la « restauration rapide et vente à emporter » parmi les établissements concernés, en y incluant expressément la vente sur éventaire et marché, food-truck et camionnette comprises. Une seule personne de l’établissement doit l’avoir suivie, pour 14 heures minimum. Deux dispenses existent : justifier d’au moins 3 ans d’activité dans le secteur alimentaire comme gestionnaire ou exploitant, et relever d’une activité non concernée — le traiteur en fait partie, ce qui rend la frontière avec le 5621Z d’autant plus concrète. Ne la confondez pas avec la formation HACCP du « paquet hygiène » européen : celle-ci s’adresse à toute personne manipulant des denrées, peut être organisée en interne et n’a ni durée ni contenu imposés. Les deux obligations se cumulent.
Puis-je vendre de la bière avec mes plats ?
Pas sans licence, et le type de licence dépend de votre format de vente. Toute personne qui vend des boissons alcooliques, à titre principal ou accessoire, doit posséder une licence. Pour un restaurateur qui ne sert de l’alcool qu’aux heures des repas et en accompagnement d’un plat, la licence restaurant suffit : la petite licence restaurant couvre les boissons du groupe 3, jusqu’à 18° — vin, bière, cidre —, la licence restaurant couvre au-delà. Pour un commerce ambulant, la règle est plus stricte : la vente de boissons titrant plus de 18° est interdite, la licence IV inaccessible, et les alcools du groupe 3 exigent la « petite licence à emporter ». S’y ajoutent deux contraintes de lieu et de personne : des zones protégées délimitées par arrêté préfectoral autour des établissements scolaires, sportifs et de santé, et une formation spécifique pour la vente d’alcool à emporter la nuit. Vérifiez le périmètre exact auprès de votre mairie et de votre préfecture avant de commander vos premiers fûts.
Sources officielles utiles
- Insee — 56.10C : restauration de type rapide (notice et exclusions)
- Insee — 56.10A : restauration traditionnelle
- Insee — 56.10B : cafétérias et autres libres-services
- Insee — 56.21Z : services des traiteurs
- Insee — 47.81Z : commerce de détail alimentaire sur éventaires et marchés
- Insee — 47.99B : vente par automates et autres commerces hors magasin
- Insee — table de correspondances NAF rév. 2 vers NAF 2025 (fichier xlsx)
- Insee — NAF 2025, 56.11J : restauration de type rapide
- Insee — NAF 2025, 56.12Y : activités de service de restauration mobile
- Service Public — règles d’hygiène et formation obligatoire en restauration
- Service Public — commerce ambulant : carte, autorisations d’occupation du domaine public
- Service Public — licences de débits de boissons et zones protégées
- Service Public — taux de TVA sur les produits alimentaires et les boissons
- Service Public — taux du régime micro-social par catégorie d’activité
- Service Public — régime fiscal de la micro-entreprise : seuils, abattements et versement libératoire
- Service Public — seuils du régime micro et conséquences d’un dépassement
- Service Public — contribution à la formation professionnelle
- Service Public — conditions et demande d’ACRE
- Service Public — Acre : ce que change le décret du 6 février 2026
- Service Public — franchise en base de TVA
- Légifrance — CIBS : entreprises franchisées, version prévue au 1er janvier 2027
- Service Public — calcul et exonérations de CFE
Ces informations générales sont vérifiées à la date indiquée. Leur application dépend de votre activité et de votre situation. Pour un cas particulier, consultez l’organisme compétent ou un professionnel qualifié.
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