En bref : décorateur d'intérieur en micro-entreprise
La décoration d'intérieur est une activité libérale non réglementée : tu peux créer ta micro-entreprise en trente minutes, sans diplôme ni stage préalable. C'est un métier de conseil et de conception, pas un métier de travaux — et c'est cette frontière qui détermine ton code APE, ton taux de cotisations et tes obligations d'assurance. Voici l'essentiel avant d'entrer dans le détail.
| Information clé | Valeur 2026 |
|---|---|
| Code APE / NAF | 74.10Z — Activités spécialisées de design |
| Catégorie Urssaf | BNC libéral non réglementé (hors CIPAV) |
| Plafond de chiffre d'affaires | 83 600 € HT / an |
| Taux de cotisations | 25,6 % du CA encaissé |
| Abattement forfaitaire IR | 34 % |
| Seuil de franchise TVA (services) | 37 500 € HT / an |
| Diplôme obligatoire | Aucun |
| Assurance | RC pro vivement conseillée — décennale obligatoire si maîtrise d'œuvre |
BNC signifie « bénéfices non commerciaux » : c'est la catégorie fiscale des activités libérales, par opposition aux BIC (« bénéfices industriels et commerciaux ») qui regroupent le commerce et l'artisanat. Cette distinction n'est pas cosmétique : elle fixe ton taux de cotisations Urssaf à 25,6 % et ton abattement fiscal forfaitaire à 34 %, deux valeurs propres au BNC et différentes de celles appliquées aux activités artisanales ou commerciales. Deux situations peuvent te faire sortir du BNC pur : la revente de mobilier et la coordination de travaux. Les deux sont détaillées plus bas.
Pourquoi la micro-entreprise quand on est décorateur d'intérieur
La micro-entreprise colle bien au démarrage d'une activité de décoration : pas de local obligatoire, pas de stock, pas d'investissement lourd hors licences logicielles. Tu peux tester ton positionnement sur quelques chantiers avant de décider si le métier te fait vivre. C'est aussi le statut de choix des reconversions, très fréquentes dans ce métier.
Ce qui joue en ta faveur
- Création gratuite et immédiate : déclaration en ligne sur le Guichet Unique de l'INPI, SIRET sous une à deux semaines, première facture dès réception.
- Charges proportionnelles : un mois sans chantier, c'est un mois sans cotisations. Utile dans un métier où la saisonnalité est réelle (creux d'été, pics avant les fêtes et à la rentrée).
- Aucune qualification exigée : contrairement aux métiers du bâtiment, la décoration n'est pas soumise à la loi de 1996 sur la qualification professionnelle artisanale.
- Franchise en base de TVA : tes devis restent lisibles pour une clientèle de particuliers, qui ne récupère pas la TVA.
- Cumul possible : beaucoup de décorateurs démarrent le soir et le week-end en gardant leur emploi salarié.
Les limites à connaître
Le régime micro ne permet aucune déduction de frais réels. Or un décorateur qui démarre dépense : licence SketchUp ou Archicad, nuanciers et échantillons, appareil photo correct, déplacements chez les clients et chez les fournisseurs, portfolio imprimé, éventuellement un stand sur un salon habitat. L'abattement forfaitaire de 34 % est censé couvrir tout cela ; si tes frais dépassent un tiers de ton CA, la micro devient fiscalement défavorable.
Second point de vigilance : les frais de déplacement refacturés au client entrent dans ton chiffre d'affaires et sont donc soumis aux cotisations. Si tu factures 600 € d'honoraires plus 80 € de frais kilométriques, tu déclares 680 € et tu cotises sur 680 €. Intègre systématiquement ces frais dans ton prix plutôt que de les refacturer à l'euro près.
Enfin, le plafond de 83 600 € se heurte vite à la réalité si tu montes en gamme. À 45 € du m² sur des projets de 90 m², il suffit d'une vingtaine de chantiers complets par an pour l'atteindre.
Code APE et NAF du décorateur d'intérieur
Le code attendu est le 74.10Z — Activités spécialisées de design. Il regroupe le design d'espace, le design d'objet, le design graphique et la décoration intérieure. C'est lui qui rattache ton activité aux professions libérales et déclenche le taux de cotisations BNC de 25,6 %.
Le code APE n'est pas choisi librement : l'INSEE te l'attribue à partir de la description d'activité que tu saisis lors de la création. C'est donc la formulation qui compte.
- À écrire : « conseil en décoration et aménagement d'intérieur », « conception d'espaces intérieurs », « design d'espace et sourcing mobilier ».
- À éviter : toute mention de « travaux », « rénovation », « pose », « aménagement de locaux » au sens bâtiment. Une description de ce type peut t'orienter vers un code de la section F (construction) et te faire classer en artisan, avec inscription au répertoire des métiers, bascule en cotisations de la catégorie services BIC et obligation de qualification professionnelle.
- À ne pas confondre : le 71.11Z « Activités d'architecture » est réservé aux architectes inscrits à l'Ordre. Tu n'y as pas droit et tu n'en as pas besoin.
Tu peux vérifier la nomenclature complète dans notre outil de recherche de code APE. Si le code attribué ne correspond pas à ton activité réelle, la rectification auprès de l'INSEE est gratuite mais demande plusieurs semaines : autant soigner la description dès le départ.
Décorateur, architecte d'intérieur, architecte : ce que tu as le droit de faire
C'est la question la plus mal comprise du métier, et elle a des conséquences juridiques concrètes. Résumé : « décorateur d'intérieur » est un titre libre, « architecte » est un titre protégé, et entre les deux se joue une frontière technique qui détermine tes responsabilités.
Le titre d'architecte est protégé par la loi n° 77-2 du 3 janvier 1977 : seules les personnes inscrites au tableau de l'Ordre des architectes peuvent l'employer. Usurper ce titre est un délit. Concrètement, tu ne peux pas te présenter comme « architecte », ni signer un dossier de permis de construire — obligatoire pour toute construction ou extension de plus de 150 m² de surface de plancher.
Le titre d'architecte d'intérieur n'est, lui, pas protégé par la loi. En pratique, la profession s'auto-régule via la reconnaissance professionnelle délivrée par le Conseil Français des Architectes d'Intérieur (CFAI), qui suppose un diplôme reconnu et une expérience validée. L'employer sans cette reconnaissance n'est pas illégal, mais c'est un argument commercial fragile face à un client averti.
Le décorateur d'intérieur intervient sur ce qui se voit et se change : couleurs, matières, revêtements, luminaires, mobilier, agencement des volumes existants, mise en scène. Il ne touche pas à la structure.
| Intervention | Décorateur | Conséquence |
|---|---|---|
| Choix des couleurs, matières, mobilier, éclairage | Oui | Prestation de conseil, RC pro suffisante |
| Plan d'aménagement sans modification du bâti | Oui | Prestation de conception |
| Abattre ou percer un mur porteur, modifier la structure | Non | Relève d'un bureau d'études ou d'un architecte |
| Déposer un permis de construire (> 150 m²) | Non | Recours obligatoire à un architecte inscrit à l'Ordre |
| Choisir les entreprises, diriger et réceptionner les travaux | Possible | Mission de maîtrise d'œuvre : assurance décennale obligatoire |
La dernière ligne est la plus coûteuse à ignorer. Elle est détaillée dans la section suivante.
Assurances : RC pro, et décennale si tu coordonnes les travaux
Aucune assurance n'est obligatoire pour une activité de décoration pure. Elle le devient dès que ta mission bascule vers la maîtrise d'œuvre. C'est le point de bascule le plus important du métier, et beaucoup de décorateurs le franchissent sans s'en rendre compte, simplement en rendant service à un client.
La responsabilité civile professionnelle
La RC pro couvre les dommages causés à ton client dans le cadre de ton activité : erreur de métré qui rend une cuisine sur mesure inutilisable, conseil de revêtement inadapté à une pièce humide, vase renversé sur un parquet pendant une installation, retard de livraison qui décale toute une réception. Elle n'est pas légalement obligatoire pour un décorateur, mais elle est de plus en plus demandée par les clients professionnels (agences immobilières, hôtellerie, promoteurs) au moment de signer. Les tarifs freelance constatés se situent dans une fourchette de l'ordre de 15 à 40 € par mois selon le niveau de garantie et le chiffre d'affaires déclaré.
L'assurance décennale : quand devient-elle obligatoire ?
L'article 1792 du Code civil rend responsables de plein droit, pendant dix ans, les « constructeurs » de l'ouvrage — et cette notion inclut le maître d'œuvre, quel que soit son titre. Un décorateur qui se contente de conseiller n'est pas concerné. Un décorateur qui sélectionne les entreprises, planifie le chantier, valide les travaux et assiste le client à la réception exerce, lui, une mission de maîtrise d'œuvre : il entre dans le champ de l'obligation d'assurance décennale prévue à l'article L. 241-1 du Code des assurances.
Les conséquences d'un défaut d'assurance sont lourdes : c'est une infraction pénale, et surtout, en cas de désordre relevant de la décennale (infiltration, affaissement, réseau défectueux rendant le logement impropre à sa destination), tu répondras sur ton patrimoine personnel. En micro-entreprise, aucune personnalité morale ne fait écran — seule la déclaration d'insaisissabilité de la résidence principale te protège partiellement.
Trois règles simples pour rester du bon côté :
- Écris ta mission noir sur blanc dans ton devis. « Conception et conseil en décoration, hors direction de travaux » n'a pas le même effet juridique que « suivi de chantier ».
- Laisse le client contracter directement avec les artisans. Si tu recommandes des entreprises sans les piloter ni les payer, tu restes dans le conseil.
- Si tu veux vendre du suivi de chantier, souscris la décennale et intègre son coût dans tes honoraires. C'est une prestation qui se facture, pas un service gratuit.
Ajoute enfin une extension « usage professionnel » à ton assurance habitation si tu stockes chez toi des échantillons, du mobilier ou des pièces achetées pour un client : un contrat habitation standard exclut les biens professionnels.
Plafond de chiffre d'affaires en 2026
Ton activité relève des prestations de services libérales : le plafond de chiffre d'affaires est de 83 600 € HT par an en 2026. Il se calcule sur l'année civile et sur les sommes réellement encaissées, pas facturées. Pour une création en cours d'année, il est proratisé au nombre de jours d'activité.
En cas de dépassement, le mécanisme est le suivant : une première année au-dessus n'a pas d'effet immédiat sur le régime micro ; deux années consécutives au-dessus entraînent la sortie du régime au 1er janvier suivant, avec bascule en déclaration contrôlée et comptabilité complète.
Si tu ajoutes de la revente de mobilier à ton activité de conseil, tu passes en activité mixte : le plafond global monte à 203 100 €, mais la part conseil reste plafonnée à 83 600 €. Les deux limites doivent être respectées simultanément. Le détail des cas de dépassement est dans notre guide complet sur les plafonds de CA.
Charges et cotisations Urssaf
En BNC libéral non réglementé, tu cotises à 25,6 % de ton chiffre d'affaires encaissé en 2026. Ce taux unique couvre l'assurance maladie-maternité, la retraite de base et complémentaire, les allocations familiales, l'invalidité-décès, la CSG-CRDS et la contribution à la formation professionnelle. Tu déclares sur autoentrepreneur.urssaf.fr, en rythme mensuel ou trimestriel, dans la case « prestations de services libérales BNC ».
| Chiffre d'affaires annuel | Cotisations Urssaf (25,6 %) | Net avant impôt |
|---|---|---|
| 15 000 € | 3 840 € | 11 160 € |
| 25 000 € | 6 400 € | 18 600 € |
| 40 000 € | 10 240 € | 29 760 € |
| 83 600 € (plafond) | 21 402 € | 62 198 € |
Exemple chiffré n° 1 — première année en reconversion. Tu réalises 28 000 € de CA sur huit projets. Cotisations Urssaf : 28 000 × 25,6 % = 7 168 €, soit environ 597 € par mois. Il te reste 20 832 € avant impôt. Si tu as créé avant le 1er juillet 2026 et que tu remplis les conditions de l'ACRE (Aide à la Création ou Reprise d'Entreprise), l'exonération de 50 % ramène tes cotisations à 3 584 € sur la première année.
Exemple chiffré n° 2 — activité installée. Tu encaisses 45 000 €. Cotisations Urssaf : 45 000 × 25,6 % = 11 520 €. Reste 33 480 € avant impôt sur le revenu. La base imposable est calculée après l'abattement forfaitaire BNC de 34 %, soit 45 000 × 0,66 = 29 700 € intégrés à ton foyer fiscal.
Le versement libératoire (VL) de l'impôt sur le revenu permet de solder l'IR de cette activité en payant 2,2 % de CA en plus, en même temps que tes cotisations. Il est ouvert si ton revenu fiscal de référence de l'année N-2 ne dépasse pas 27 478 € par part de quotient familial. Sur 45 000 € de CA, cela représente 990 € d'impôt — intéressant si tu es imposable, défavorable si ton foyer ne l'est pas.
N'oublie pas la CFE (cotisation foncière des entreprises) : exonérée la première année civile, elle tombe ensuite chaque décembre, généralement entre 250 et 700 € selon ta commune, même si tu travailles depuis chez toi. Pour approfondir, consulte notre guide des charges et cotisations en micro-entreprise ou notre simulateur de revenus.
Achat de mobilier : le piège de l'activité mixte
Un décorateur finit toujours par se poser la question : « est-ce que j'achète le canapé pour mon client, ou est-ce qu'il l'achète lui-même ? » La réponse a des conséquences fiscales directes, et c'est probablement la décision structurante la plus sous-estimée du métier.
Dès que tu achètes un bien pour le revendre à ton client, tu exerces une activité de vente de marchandises, qui relève des BIC. Ta micro-entreprise devient mixte : deux lignes de déclaration Urssaf, deux taux, deux abattements.
| Part d'activité | Catégorie | Cotisations | Abattement IR | Plafond |
|---|---|---|---|---|
| Honoraires de conception et de conseil | BNC libéral | 25,6 % | 34 % | 83 600 € |
| Revente de mobilier et objets | Vente BIC | 12,3 % | 71 % | 203 100 € (global) |
Exemple chiffré. Sur l'année, tu factures 30 000 € d'honoraires et tu revends pour 20 000 € de mobilier acheté 15 000 € chez tes fournisseurs. Tes cotisations : 30 000 × 25,6 % = 7 680 € sur la part conseil, plus 20 000 × 12,3 % = 2 460 € sur la part vente, soit 10 140 € au total. Ta marge réelle sur le mobilier est de 20 000 − 15 000 = 5 000 €, mais tu cotises sur les 20 000 € encaissés : les cotisations absorbent près de la moitié de ta marge. Et le CA de revente compte dans ton seuil de TVA.
C'est ce calcul qui explique pourquoi la majorité des décorateurs en micro-entreprise choisissent de ne pas revendre. Trois alternatives fonctionnent mieux dans ce régime :
- Le client achète en direct, tu lui transmets une liste d'achats détaillée avec références et liens. Tu ne factures que ton temps de sourcing. Zéro trésorerie avancée, zéro risque sur le SAV et les retours.
- La remise fournisseur est reversée au client, et tu factures un forfait de sourcing. Beaucoup de fournisseurs déco et de marques de mobilier accordent des conditions professionnelles sur présentation d'un SIRET et d'un code APE 74.10Z : tu peux transformer cette remise en argument commercial plutôt qu'en marge cachée.
- La commission d'apporteur d'affaires, versée par le fournisseur sur la base d'un contrat écrit. Attention : cette commission est une prestation de services et non de la vente — elle reste en BNC à 25,6 %, et elle doit être annoncée au client pour éviter tout conflit d'intérêts.
Si tu choisis malgré tout la revente, fais-le en connaissance de cause : ouvre la seconde activité dès la création sur le Guichet Unique (l'ajout ultérieur est possible mais fastidieux), et surveille tes deux plafonds séparément.
TVA et franchise en base
Sous le seuil de franchise en base, tu factures sans TVA et n'as aucune déclaration de TVA à déposer. Pour les prestations de services en 2026 : 37 500 € HT de seuil de franchise, avec une tolérance jusqu'à 41 250 € HT. Au-delà de ce seuil majoré, tu deviens redevable dès le 1er du mois de dépassement. Tes factures doivent porter la mention « TVA non applicable, article 293 B du CGI ».
Une spécificité du métier mérite attention. Les travaux de rénovation dans un logement achevé depuis plus de deux ans bénéficient d'un taux réduit de TVA à 10 % (voire 5,5 % pour les travaux d'amélioration énergétique). Ce taux réduit s'applique aux prestations des entreprises de travaux — pas à des honoraires de conception ou de conseil, qui restent au taux normal de 20 %. Un client qui a lu que « la rénovation, c'est 10 % » peut te le demander : la réponse est non pour ta prestation intellectuelle, oui pour la facture de l'artisan qui réalise les travaux.
Si tu revends du mobilier, cette part relève du taux normal de 20 % et son chiffre d'affaires s'ajoute au tien pour l'appréciation des seuils — un point qui accélère nettement la sortie de la franchise. Le détail complet est dans notre guide TVA pour micro-entrepreneurs.
Tarifs et revenus d'un décorateur d'intérieur indépendant
La décoration d'intérieur est l'un des rares métiers freelance où le tarif journalier n'est pas le repère principal. Les clients particuliers raisonnent en budget de projet, pas en jours-homme. Voici les modèles de facturation utilisés sur le marché, avec les fourchettes constatées — à ajuster selon ta zone géographique et ton positionnement.
| Modèle | Fourchette constatée | Quand l'utiliser |
|---|---|---|
| Visite conseil (2 h sur place + compte rendu) | 150 à 350 € | Produit d'appel, qualifie le client et le budget |
| Planche d'ambiance par pièce | 300 à 800 € | Petits projets, clients qui réalisent eux-mêmes |
| Projet complet au m² | 20 à 100 €/m² | Standard du marché sur un logement entier |
| Tarif horaire | 50 à 150 €/h | Missions ponctuelles, accompagnement shopping |
| Tarif journalier | 250 à 500 € | Clients professionnels, home staging, missions longues |
| Pourcentage du budget travaux | 8 à 15 % | Suivi de chantier — implique la décennale |
Le calcul qui compte vraiment est celui du taux d'occupation. Un décorateur passe une part importante de son temps en avant-vente non facturée : premier rendez-vous, devis, sourcing exploratoire, allers-retours avec le client. Compter 60 % de jours facturables sur une année est déjà un bon score en démarrage.
Illustration sur une année type à 45 000 € de CA : 125 jours réellement facturés à 360 € en moyenne. Cotisations Urssaf 25,6 % : 11 520 €. Reste 33 480 € avant impôt, soit 2 790 € par mois. Retire la CFE, la RC pro, les licences logicielles et les déplacements non refacturés, et tu es autour de 2 500 € nets mensuels avant impôt sur le revenu.
Trois leviers pour sortir de la fourchette basse : la spécialisation (déco d'hôtellerie, résidences secondaires, locations courte durée, bureaux, home staging pour agences immobilières), la productisation (offres packagées à prix fixe plutôt que devis sur mesure à chaque fois), et le passage au B2B, où le budget est un poste comptable et non un arbitrage familial. Notre simulateur de revenus auto-entrepreneur permet de tester ces scénarios avec les taux 2026.
Étapes pour se lancer comme décorateur d'intérieur auto-entrepreneur
Compte une trentaine de minutes de démarches en ligne, puis une à deux semaines pour recevoir ton SIRET. Aucune étape n'est payante.
Étape 1 — Déclarer l'activité sur le Guichet Unique. Rends-toi sur procedures.inpi.fr, crée un compte et démarre une déclaration de création d'entreprise. Renseigne une description d'activité claire et tournée conseil : « conseil en décoration et aménagement d'intérieur ». Prépare une pièce d'identité et un justificatif de domicile. Déclare la seconde activité de vente dès maintenant si tu prévois de revendre du mobilier.
Étape 2 — Choisir tes options fiscales et sociales. Périodicité de déclaration Urssaf (le mensuel est plus lisible pour la trésorerie), versement libératoire de l'IR si ton RFR N-2 le permet, et date de début d'activité — choisir le 1er du mois simplifie ta première déclaration.
Étape 3 — Demander l'ACRE si tu y es éligible. La demande se fait au moment de la création ou dans les 45 jours qui suivent, selon ta situation. Le taux d'exonération dépend de la date de création en 2026 : voir la section sur les aides.
Étape 4 — Souscrire tes assurances. RC pro a minima. Décennale si ta mission inclut la direction de travaux. Extension « usage professionnel » de ton assurance habitation si tu stockes du matériel chez toi.
Étape 5 — Ouvrir un compte bancaire dédié. Obligatoire uniquement au-delà de 10 000 € de CA deux années consécutives, mais utile dès le départ pour isoler les avances de frais et les remboursements fournisseurs.
Étape 6 — Mettre en place ta facturation et tes documents commerciaux. Dès le SIRET reçu, tu peux facturer. Prépare un modèle de facture pour auto-entrepreneur conforme et surtout un modèle de devis solide : dans un métier où le périmètre de mission conditionne ta responsabilité, le devis est ton premier outil juridique. Anticipe aussi la facturation électronique, obligatoire en réception dès septembre 2026 et en émission selon ton calendrier d'entreprise.
Outils pour piloter ton activité
La boîte à outils d'un décorateur indépendant tient en trois couches : la conception, la présentation client et l'administratif. Les deux premières sont bien connues du métier ; la troisième est celle qu'on néglige jusqu'à la première échéance Urssaf ratée.
🏠 La stack administrative d'un décorateur d'intérieur
Entre les acomptes, les devis qui traînent, les frais avancés pour un client et le seuil de TVA qui approche, la gestion d'une activité de décoration se complique vite. Eikio a été conçu pour les micro-entrepreneurs comme toi :
- ✅ Gratuit avec factures PDF Factur-X, devis et clients illimités
- ✅ Devis professionnels convertibles en facture en 1 clic
- ✅ Suivi du chiffre d’affaires, seuils TVA et alertes intelligentes
- ✅ Estimation automatique des cotisations Urssaf selon l’activité
- ✅ Échéancier fiscal : Urssaf, CFE, impôts et rappels importants
- ✅ Livre des recettes et exports comptables
Côté conception, SketchUp reste la référence pour la 3D d'espace, avec Archicad ou AutoCAD LT pour les plans techniques. Pour des rendus rapides sans modélisation lourde, Canva et Photoshop suffisent aux planches d'ambiance ; Pinterest et Milanote servent de bibliothèque de références partagée avec le client.
Côté présentation client, un dossier de projet structuré (plan, planche d'ambiance, liste d'achats chiffrée, planning) fait toute la différence sur la perception de valeur. Notion ou un simple PDF bien construit font le travail. Pour la signature des devis à distance, Yousign propose des offres adaptées aux indépendants.
Côté administratif, la règle qui sauve : à chaque encaissement, mets 30 % de côté sur un compte séparé pour Urssaf, IR et CFE. Et sépare rigoureusement tes avances de frais de ton chiffre d'affaires réel — c'est le poste où les décorateurs perdent le plus de visibilité sur leur rentabilité.
Aides à la création disponibles
L'ACRE (Aide à la Création ou Reprise d'Entreprise) est la principale aide mobilisable. Son barème a évolué en 2026 : une création avant le 1er juillet 2026 ouvre droit à une exonération de 50 % des cotisations sociales, une création à partir du 1er juillet 2026 à une exonération de 25 %. Sur 28 000 € de CA, l'écart n'est pas anecdotique : 3 584 € d'économie dans le premier cas, 1 792 € dans le second. Si ton projet est mûr en juin, la date de création mérite réflexion.
L'ACRE est réservée à certains profils : demandeur d'emploi indemnisé ou indemnisable, bénéficiaire du RSA ou de l'ASS, moins de 26 ans (ou moins de 30 ans en situation de handicap), salarié d'une entreprise en redressement ou liquidation, créateur installé en quartier prioritaire. Elle n'est attribuable qu'une fois tous les trois ans.
L'ARE (Allocation de Retour à l'Emploi) maintenue permet de cumuler tes allocations France Travail avec tes premiers revenus de décoration — configuration très courante en reconversion. L'allocation versée est réduite d'environ 70 % du revenu d'activité, calculé à partir de ton CA après abattement BNC de 34 %.
L'ARCE (Aide à la Reprise ou à la Création d'Entreprise) est l'alternative : 60 % de tes droits restants versés en deux fois, à la création puis six mois plus tard. Elle a du sens si tu dois financer un investissement de départ — licences logicielles, matériel de prise de vue, échantillonnage, communication — mais tu renonces au filet de sécurité mensuel de l'ARE.
5 erreurs à éviter quand on démarre en décoration d'intérieur
- Décrire son activité en termes de travaux sur le Guichet Unique. Une formulation comme « rénovation et aménagement » peut t'attribuer un code de la construction, te classer en artisan avec cotisations BIC et obligation de qualification. Reste sur le vocabulaire du conseil et du design.
- Glisser vers le suivi de chantier sans décennale. Le service rendu « en bonus » à un client — appeler les artisans, valider l'avancement, assister à la réception — est juridiquement une mission de maîtrise d'œuvre. Sans assurance, tu engages ton patrimoine personnel pendant dix ans.
- Acheter le mobilier pour le client sans avoir déclaré l'activité de vente. Tu déclares alors du CA de revente dans la case BNC, tu cotises 25,6 % au lieu de 12,3 % sur cette part, et ta déclaration est fausse. Décide en amont de ton modèle.
- Ne pas facturer d'acompte. Un projet de décoration mobilise des semaines de travail avant la moindre facture finale. Un acompte de 30 à 40 % à la signature du devis est un standard du métier, pas une marque de défiance.
- Confondre chiffre d'affaires et revenu à cause des frais avancés. Si tu avances 3 000 € de fournitures et que le client te rembourse, ces 3 000 € transitent par ton CA et sont soumis à cotisations. Fais payer le fournisseur directement par le client, ou intègre le surcoût dans ton prix.
Questions fréquentes
Quel code APE choisir pour devenir décorateur d'intérieur auto-entrepreneur ?
Le code attendu est 74.10Z « Activités spécialisées de design », qui couvre le design d'espace et la décoration intérieure. C'est ce code qui te classe en BNC libéral non réglementé, avec le taux de cotisations de 25,6 %. Décris ton activité comme « conseil en décoration et aménagement d'intérieur » sur le Guichet Unique INPI : une description tournée vers les travaux risque de t'attribuer un code bâtiment et de te faire basculer en catégorie artisanale.
Faut-il un diplôme pour devenir décorateur d'intérieur auto-entrepreneur ?
Non. « Décorateur d'intérieur » n'est ni un titre protégé ni une activité réglementée : aucun diplôme, aucun stage et aucune inscription à un ordre ne sont exigés. Attention en revanche au mot « architecte », protégé par la loi du 3 janvier 1977 : tu ne peux pas t'en prévaloir sans être inscrit à l'Ordre des architectes. En pratique, les clients regardent ton portfolio avant tes diplômes.
Un décorateur d'intérieur doit-il souscrire une assurance décennale ?
Cela dépend de ta mission. Une prestation de conseil, de conception et de mise en scène ne relève pas de la garantie décennale : une RC professionnelle suffit. Dès que tu assumes une mission de maîtrise d'œuvre — choix des entreprises, direction et réception des travaux — tu es assimilé à un constructeur au sens de l'article 1792 du Code civil et l'assurance décennale devient obligatoire.
Quel est le plafond de CA d'un décorateur d'intérieur en micro-entreprise en 2026 ?
Le plafond est de 83 600 € HT par an, puisque la décoration d'intérieur relève des prestations de services libérales BNC. Si tu revends aussi du mobilier, tu passes en activité mixte : le plafond global monte à 203 100 €, mais la part conseil reste plafonnée à 83 600 €. Deux dépassements consécutifs entraînent la sortie du régime au 1er janvier suivant.
Quelles charges Urssaf paie un décorateur d'intérieur auto-entrepreneur ?
Tu cotises à 25,6 % de ton chiffre d'affaires encaissé en 2026, au titre des activités libérales BNC hors CIPAV. Sur 30 000 € de CA annuel, cela représente 7 680 € de cotisations, soit 640 € par mois en moyenne. Ce taux couvre maladie, retraite, allocations familiales, CSG-CRDS et formation professionnelle. Le versement libératoire de l'impôt sur le revenu ajoute 2,2 % si tu l'actives.
Un décorateur d'intérieur peut-il acheter le mobilier pour son client ?
Oui, mais cela change ton régime. Acheter un canapé 1 200 € pour le revendre 1 500 € à ton client, c'est de la vente de marchandises : tu deviens micro-entrepreneur en activité mixte, avec une seconde ligne de déclaration Urssaf à 12,3 % et un abattement de 71 % sur cette part. Beaucoup de décorateurs préfèrent laisser le client acheter en direct et facturer uniquement des honoraires de sourcing.
Combien facture un décorateur d'intérieur indépendant ?
Les fourchettes de marché constatées vont de 150 à 350 € pour une visite conseil de deux heures, de 300 à 800 € pour une planche d'ambiance par pièce, et de 20 à 100 € par m² pour un projet complet. Au temps passé, on observe 50 à 150 € de l'heure, soit un tarif journalier de 250 à 500 €. Sur une mission de suivi de travaux, la rémunération au pourcentage du budget se situe entre 8 et 15 %.
Un décorateur d'intérieur en micro-entreprise facture-t-il la TVA ?
Tant que ton CA reste sous 37 500 € HT en 2026, tu factures sans TVA avec la mention « TVA non applicable, article 293 B du CGI ». Au-delà, avec une tolérance jusqu'à 41 250 €, tu deviens redevable et factures 20 %. Le taux réduit de 10 % réservé aux travaux de rénovation ne s'applique pas à des honoraires de conception, qui restent au taux normal.
Quelle assurance pour un décorateur d'intérieur auto-entrepreneur ?
La responsabilité civile professionnelle est la base : elle couvre l'erreur de conception, le conseil inadapté, le dégât causé chez le client pendant une installation. Compte de l'ordre de 15 à 40 € par mois pour un contrat freelance. Si ta mission inclut la coordination de travaux, ajoute impérativement la décennale. Pense aussi à l'extension « usage professionnel » de ton assurance habitation.
Peut-on cumuler un emploi salarié et une activité de décorateur d'intérieur ?
Oui, le cumul est autorisé et fréquent dans ce métier, souvent choisi en reconversion progressive. Vérifie ta clause de non-concurrence et ton obligation de loyauté si tu travailles déjà dans l'agencement, l'ameublement ou l'immobilier. Côté Urssaf, tes deux activités cotisent indépendamment, et ton CA de décoration ne réduit pas ton salaire ni tes droits de salarié.
En résumé
Devenir décorateur d'intérieur auto-entrepreneur est simple sur le papier : code APE 74.10Z, aucune qualification exigée, création gratuite en trente minutes, plafond de 83 600 € et cotisations à 25,6 % du CA encaissé. La difficulté n'est pas administrative, elle est dans le périmètre de ta mission.
Deux décisions structurent toute ton activité. La première : coordonnes-tu les travaux ? Si oui, l'assurance décennale n'est pas une option, et son coût doit être répercuté dans tes honoraires. La seconde : achètes-tu le mobilier pour tes clients ? Si oui, tu deviens une activité mixte avec deux régimes de cotisations à suivre séparément ; si non, tu restes en BNC pur avec une gestion nettement plus simple. Tranche ces deux questions avant ton premier devis, et écris-les noir sur blanc dans tes documents commerciaux.
Le reste est une affaire de discipline : provisionner 30 % de chaque encaissement, surveiller le seuil de TVA à 37 500 €, facturer des acomptes et ne jamais laisser des frais avancés se mélanger à ton chiffre d'affaires. Eikio a été conçu pour les micro-entrepreneurs qui veulent garder cette visibilité sans y passer leurs soirées — tu peux l'essayer gratuitement.

