Code APE13 min de lecture

Code APE 7410Z : les activités spécialisées de design en auto-entreprise

Vous vous installez en indépendant pour créer — identité visuelle et logotype, design d’un produit, modèle textile, aménagement et décoration d’un intérieur — et le code 7410Z vous a été attribué. Deux questions décident de ce que vous pourrez facturer, et dans quel cadre : une partie de la création de design relève obligatoirement du régime des artistes-auteurs et ne passe pas par la micro-entreprise ; et ce que vous vendez avec votre travail, ce sont des droits, qui se délimitent par écrit. Voici comment trancher les deux, puis ce que coûte réellement l’activité.

Vérifié le 24 septembre 2026 : notice Insee du 74.10Z et de ses codes voisins, table de correspondance NAF 2025, périmètre du régime des artistes-auteurs pour les arts graphiques et le design, taux du régime micro-social et liste des professions affiliées à la Cipav, barème ACRE issu du décret du 6 février 2026, seuils de TVA 2026 et règles du contrat de cession de droits d’auteur contrôlés à cette date.

Le code APE 7410Z correspond à « Activités spécialisées de design » : design graphique, design produit et industriel, création de modèles et décoration d’intérieur. L’activité est exerçable en micro-entreprise, sans diplôme ni inscription ordinale, et relève des BNC : 25,6 % de cotisations sociales en 2026, plus 0,2 % de CFP, un abattement fiscal de 34 % et le plafond de services de 83 600 €. Une réserve, à régler avant les taux : la création d’œuvres originales de design relève obligatoirement du régime des artistes-auteurs et ne peut pas être facturée par une micro-entreprise.

À vérifier avant de facturer

Le 74.10Z est l’un des rares codes où le statut se joue avant le régime fiscal. Service Public l’écrit sans nuance : « Une activité créative relève obligatoirement du régime de protection sociale des artistes-auteurs. Vous ne pouvez pas facturer vos œuvres d’artiste-auteur à travers une micro-entreprise. » Or le champ des artistes-auteurs englobe explicitement la conception de modèles originaux de design graphique, de design produit, d’espace et textile. Tout le 74.10Z n’y bascule pas — l’exécution, la déclinaison et la production en sont exclues — mais la frontière doit être posée avant votre première facture. Elle est traitée dans la section artiste-auteur ou micro-entreprise.

Fiche express — code APE 7410Z

Libellé officiel Insee
Activités spécialisées de design (NAF rév. 2, code 74.10Z)
Activités principales
Activités de concepteurs graphiques, création de modèles (textile, habillement, chaussures, bijoux, meubles, objets de décoration), design industriel, décoration d’intérieur
Exercice en micro-entreprise
Possible sous réserve : profession non réglementée, mais la création d’œuvres originales de design relève du régime des artistes-auteurs et ne peut pas y être facturée
Catégorie fiscale
BNC — prestation intellectuelle exercée à titre libéral
Abattement forfaitaire (IR)
34 %, avec un minimum de 305 €
Plafond de CA 2026 (micro-entreprise)
83 600 € — plafond des prestations de services, apprécié sur l’année N-1 ou N-2
Taux de cotisations Urssaf 2026
25,6 % pour un graphiste, un designer ou un décorateur ; 23,2 % pour une profession affiliée à la Cipav, dont l’architecte d’intérieur
CFP (en supplément)
0,2 % du chiffre d’affaires pour une activité libérale
Versement libératoire (option)
2,2 % du CA, sous condition de revenu fiscal de référence
Seuils de franchise TVA 2026
37 500 € (année précédente) / 41 250 € (année en cours)
CFE
Aucune l’année de création, base réduite de moitié l’année suivante ; exonération si le CA HT N-2 ne dépasse pas 5 000 €
Assurance / qualification
Aucun diplôme ni assurance obligatoire au seul titre du code ; RC professionnelle couramment exigée par contrat, et contrat de cession de droits d’auteur écrit exigé par la loi
Correspondance NAF 2025
Correspondance multiple : le 74.10Z se répartit entre 71.11Y, 74.11Y, 74.12Y, 74.13Y et 74.14Y

Qu’est-ce que le code APE 7410Z ?

Le code APE 7410Z porte le libellé officiel « Activités spécialisées de design » dans la nomenclature NAF rév. 2 de l’Insee. Sa notice réunit quatre familles qui n’ont en commun ni les clients ni les outils, mais une même nature de travail : concevoir la forme, l’apparence et l’usage de quelque chose que fabriquera ou diffusera quelqu’un d’autre. C’est le code des graphistes, des designers produit, des créateurs de modèles et des décorateurs d’intérieur.

Il est attribué à l’immatriculation de votre micro-entreprise sur le guichet unique, à partir de la description d’activité que vous saisissez : c’est le seul texte qui détermine votre code. Sa finalité est statistique, et le décret n° 2007-1888 rappelle que l’attribution d’un code APE « ne saurait suffire à créer des droits ou des obligations » : ni votre régime de sécurité sociale, ni votre caisse de retraite, ni vos obligations contractuelles ne s’y lisent. Si le code reçu ne correspond pas à votre activité réelle, la correction se demande à l’Insee — la démarche et les règles générales d’attribution sont traitées dans notre guide du code APE.

Transition NAF 2025 — correspondance multiple, le code éclate en cinq

Dans la NAF 2025, applicable aux attributions à compter du 1er janvier 2027, la table de correspondance de l’Insee classe le 74.10Z en correspondance multiple : son contenu se répartit entre cinq sous-classes. Les activités des architectes d’intérieur rejoignent le 71.11Y « Activités d’architecture » ; le design de mode et le design industriel forment le 74.11Y ; les activités de graphistes, la conception graphique de pages web et la communication visuelle forment le 74.12Y ; la décoration d’intérieur hors architectes d’intérieur devient le 74.13Y ; le reste va au 74.14Y « Autres activités spécialisées de design ». Deux conséquences pratiques : un même 74.10Z d’aujourd’hui pourra donner cinq codes différents demain, selon la description d’activité ; et la conception graphique de pages web, aujourd’hui renvoyée au 62.01Z par la notice, sera explicitement rattachée au design graphique. Cette URL reste inchangée puisqu’elle désigne le code en vigueur pour les attributions actuelles : avec cinq destinations possibles, une redirection automatique désignerait forcément un périmètre faux, et c’est une page de correspondance qui devra relier les cinq situations.

Quelles activités couvre le code 7410Z ?

La notice Insee énumère quatre blocs : la création de modèles pour les articles textiles, l’habillement, les chaussures, les bijoux, les meubles, les objets de décoration intérieure et les autres articles de mode ou biens personnels et domestiques ; le design industriel, défini comme la création d’avant-projets et de spécifications qui optimisent la fonction, la valeur et l’apparence des produits, y compris le choix des matériaux, de la structure, des mécanismes, de la forme, de la couleur et du fini de surface ; les activités de concepteurs graphiques ; et la décoration d’intérieur. Ses trois exclusions explicites désignent les codes voisins les plus proches.

PrestationCodeDistinction
Activités de concepteurs graphiques : identité visuelle, logotype, charte, typographie, mise en page de supports de communication7410ZCité explicitement par la notice
Création de modèles pour le textile, l’habillement, les chaussures, les bijoux, les meubles et les objets de décoration intérieure7410ZCité explicitement par la notice
Design industriel : avant-projets et spécifications optimisant la fonction, la valeur et l’apparence d’un produit (matériaux, structure, mécanismes, forme, couleur, fini de surface)7410ZCité explicitement par la notice
Décoration d’intérieur : conception d’ambiances, choix des finitions, du mobilier et des couleurs7410ZCité explicitement par la notice
Conception et programmation de pages web, intégration, développement d’interface6201ZProgrammation informatique — exclu par la notice 7410Z
Conception architecturale, plans d’un bâtiment, permis de construire7111ZActivités d’architecture — exclu par la notice 7410Z
Application des lois physiques à la conception de machines, structures ou procédés (calcul, dimensionnement)7112BIngénierie — exclu par la notice 7410Z
Exécution graphique pure : composition, calibrage de textes, exécution de mises en page, photogravure, production d’épreuves18.13ZPré-presse — sa notice renvoie en retour au 74.10Z pour le design
Conception et réalisation d’une campagne publicitaire, achat d’espace, conseil en marketing7311ZAgences de publicité — le livrable est la campagne, pas la création
Œuvres d’artiste indépendant : peinture, dessin, sculpture, gravure au burin9003ACréation artistique relevant des arts plastiques — régime des artistes-auteurs

Trois frontières reviennent sans cesse. Avec le 6201Z, la question est celle du livrable : maquetter une interface reste du design, écrire et livrer le code qui la fait fonctionner est de la programmation — la notice du 74.10Z exclut d’ailleurs nommément « la conception et la programmation de pages web ». Avec le 18.13Z de la pré-presse, la réciproque est écrite noir sur blanc : sa notice exclut à son tour les activités spécialisées de design, et la ligne passe entre concevoir une mise en page et exécuter celle d’un autre. Avec le 7311Z, elle est commerciale : réaliser la création d’une campagne relève du design, vendre la campagne elle-même — stratégie, achat d’espace, diffusion, conseil en marketing — relève de l’agence de publicité. Et si votre travail relève de l’ingénierie plus que de l’apparence, c’est la notice du 7112B, ingénierie et études techniques, qui s’applique. Dans tous les cas, c’est la notice qui tranche, jamais la ressemblance des intitulés ni le logiciel employé.

La condition à vérifier avant tout : artiste-auteur ou micro-entreprise ?

C’est la particularité du 74.10Z, et elle ne se lit ni dans la notice Insee, ni dans les barèmes Urssaf. Le régime de sécurité sociale des artistes-auteurs couvre une branche « arts graphiques et plastiques » dont le champ inclut expressément la « création de prototypes originaux ou conception de modèles originaux d’œuvres relevant du design : design d’espace, design graphique (graphisme, création typographique…), design produit, design textile », ainsi que les œuvres graphiques destinées à transmettre un message visuel, quel que soit l’outil employé, palette graphique et logiciels compris. Et ce régime n’est pas une option : Service Public écrit qu’une activité créative en relève obligatoirement, et que les œuvres d’artiste-auteur ne peuvent pas être facturées à travers une micro-entreprise. Le double statut sur la même profession n’existe pas.

Plutôt artiste-auteur

La conception d’un modèle original : création typographique, création d’une identité de marque, modèle textile original, prototype de produit, scénographie d’espace. Le référentiel précise que l’ensemble des opérations menant à la maquette finalisée — recherches, premiers projets, mise au point, réalisation technique jusqu’au bon à tirer — entre dans l’activité d’artiste-auteur.

Plutôt micro-entreprise

Les travaux « limités à l’exécution graphique correspondant à une simple mise en œuvre de techniques », que le référentiel exclut nommément : exécution de mises en page, calibrage de textes, cadrage de documents photographiques, croquis techniques, dessin industriel, courbes et graphiques, exécutions photomécaniques, mises à jour de sites. S’y ajoutent les prestations techniques de production commerciale en vue d’un produit fini en exemplaires multiples.

En pratique, la majorité des indépendants du 74.10Z restent en micro-entreprise, parce qu’ils vendent une prestation commandée et déclinée plutôt qu’une œuvre exploitée. Mais la frontière est étroite et elle se déplace avec le contrat : le même logo peut être une prestation d’adaptation d’une charte existante ou la création originale d’une marque. Deux cas méritent d’être posés avant l’immatriculation. Le premier : une activité entièrement créative n’a pas à être immatriculée en micro-entreprise, l’artiste-auteur relevant d’une déclaration d’activité propre. Le second : un artiste-auteur déjà déclaré peut ouvrir en parallèle une micro-entreprise pour ses activités hors champ ou accessoires, avec une limite chiffrée pour les revenus accessoires rattachés au régime artistique et un même numéro Siret sur toutes les factures.

Ce que cette page décrit ensuite — cotisations, TVA, CFE, devis — vaut pour la part micro-entreprise de votre activité. Si vous hésitez sur la qualification de la vôtre, faites-la trancher par l’Urssaf artistes-auteurs avant votre première facture : une requalification rétroactive porte sur des cotisations déjà dépensées.

Régime fiscal : BNC, abattement et plafond

Une prestation de design est une prestation intellectuelle exercée à titre libéral : elle relève des bénéfices non commerciaux. L’abattement forfaitaire applicable à l’impôt sur le revenu est de 34 %, avec un minimum de 305 €. Sur 30 000 € de recettes annuelles, la base imposable ressort à 19 800 €, soumise ensuite au barème de l’impôt sur le revenu selon la composition de votre foyer. Cet abattement n’est pas une déduction de charges : il remplace forfaitairement vos dépenses réelles — abonnements logiciels, licences de polices, matériel, banques d’images — et il n’a aucun effet sur les cotisations sociales, calculées séparément sur le chiffre d’affaires brut encaissé.

L’erreur de catégorie la plus fréquente

Provisionner 21,2 % et un abattement de 50 % parce que le métier est « créatif » ou parce qu’un confrère artisan annonce ces chiffres. Ces valeurs sont celles des prestations de services BIC, commerciales ou artisanales. Le design, le graphisme et la décoration d’intérieur sont des activités libérales : 25,6 % de cotisations et 34 % d’abattement. L’écart de 4,4 % sur les cotisations représente 110 € par mois sur 2 500 € de chiffre d’affaires, soit 1 320 € sur une année à 30 000 € : une trésorerie qu’on ne découvre qu’à la première échéance si l’on a provisionné le mauvais taux.

Le plafond du régime micro applicable est celui des prestations de services : 83 600 € pour 2026. Il s’apprécie sur l’année N-1 ou N-2 : vous ne sortez du régime que si le seuil est dépassé deux années consécutives. L’année de création, il est proratisé au nombre de jours d’activité — pour une immatriculation au 1er juillet, cela représente environ 42 144 € sur 184 jours. Ce plafond ne se confond pas avec les seuils de TVA, bien plus bas, traités plus loin.

L’option pour le versement libératoire de l’impôt sur le revenu, si vous y êtes éligible au regard de votre revenu fiscal de référence, coûte 2,2 % du chiffre d’affaires en BNC. Elle se cumule avec les cotisations sociales, elle ne les remplace pas. Et si vous mixez conception et revente — impression de supports, vente de tirages, revente de mobilier pour un chantier de décoration —, la part revente relève des BIC vente, avec son propre taux et son propre plafond : le 74.10Z ne décrit que votre activité principale, pas la totalité de votre facturation.

Cotisations Urssaf en 2026 : 25,6 %

Un graphiste, un designer produit ou un décorateur d’intérieur en micro-entreprise cotise 25,6 % de son chiffre d’affaires encaissé, auxquels s’ajoute la contribution à la formation professionnelle, soit 0,2 %, affichée séparément sur votre échéance. Les cotisations portent sur le montant encaissé, pas facturé : une facture de fin de projet réglée en janvier appartient au chiffre d’affaires de janvier, ce qui compte dans un métier où l’acompte et le solde tombent rarement le même mois.

Une exception à connaître, qui ne dépend pas du code APE mais de la profession déclarée à l’immatriculation : Service Public publie la liste limitative des professions affiliées à la Cipav, et elle mentionne « architecte, architecte d’intérieur, économiste de la construction, maître d’œuvre, géomètre expert ». Ni le graphiste, ni le designer, ni le décorateur n’y figurent : ils relèvent du régime général. Une déclaration d’architecte d’intérieur ouvre en revanche l’affiliation Cipav, dont le taux de cotisations est de 23,2 % — soit 720 € d’écart par an sur 30 000 € de chiffre d’affaires. L’affiliation étant automatique après l’immatriculation, c’est votre compte Urssaf, et non votre code APE, qui vous dira laquelle s’applique.

ACRE — règle applicable au 24 septembre 2026

Pour une micro-entreprise créée à compter du 1er juillet 2026, l’exonération ACRE est de 25 % des cotisations sociales pendant 12 mois (décret n° 2026-69 du 6 février 2026), contre 50 % auparavant. Le taux minoré ressort à 25,6 % × 75 % = 19,2 %. L’ACRE n’est plus automatique : la demande doit être déposée auprès de l’Urssaf au plus tard le 60e jour suivant l’ouverture de l’activité, et elle est soumise à conditions d’éligibilité. La CFP, elle, n’est pas réduite par l’ACRE.

Exemple pour 2 500 € de CA encaissé sur un mois

Sans ACRE

Cotisations sociales : 2 500 € × 25,6 % = 640 €.

CFP : 2 500 € × 0,2 % = 5 €.

Total des prélèvements présentés : 645 €.

Avec ACRE, première année

Cotisations sociales : 2 500 € × 19,2 % = 480 €.

CFP : inchangée, 5 €.

Total : 485 €, soit 160 € d’économie sur le mois.

Hypothèses : activité unique en BNC hors Cipav, chiffre d’affaires encaissé et non facturé, création postérieure au 1er juillet 2026 pour les montants ACRE, impôt sur le revenu, CFE et versement libératoire exclus. Ces montants ne constituent pas un revenu net. Estimez le vôtre avec le simulateur de revenus.

TVA : faut-il la facturer sur une création ?

Pour les prestations de services en 2026, le seuil de base est de 37 500 € : son dépassement entraîne la sortie de la franchise au 1er janvier suivant. Si le chiffre d’affaires de l’année en cours dépasse 41 250 €, la TVA s’applique dès le jour du dépassement. Le chiffre d’affaires de l’année précédente doit donc aussi être pris en compte.

Si vous bénéficiez de la franchise en base, indiquez « TVA non applicable, art. 293 B du CGI » jusqu’au 31 décembre 2026. À compter du 1er janvier 2027, la référence prévue est « TVA non applicable, art. L. 233-3 du CIBS ». L’ordonnance n° 2026-671 du 27 juillet 2026 a reporté la bascule initialement prévue en septembre et renuméroté la disposition. Vérifiez la référence officielle avant cette échéance, le calendrier ayant déjà évolué.

Consulter le texte CIBS prévu pour le 1er janvier 2027 sur Légifrance

Ces seuils sont ceux des prestations de services et s’appliquent à l’ensemble de vos missions de design. Deux points pèsent particulièrement dans ce métier. D’abord, la franchise en base vous dispense de collecter la TVA mais vous interdit de la déduire : sur un abonnement à une suite créative, des licences de polices, une banque d’images ou un ordinateur, la charge reste supportée en brut, ce qui représente un poste significatif chez un indépendant du design. Ensuite, vos clients sont majoritairement des entreprises assujetties : une facture en franchise ne leur ouvre aucun droit à déduction, et le sujet se traite au devis plutôt qu’à la facture, surtout si vous approchez du seuil en cours d’année. Le détail figure dans notre guide de la TVA en micro-entreprise, et les autres informations à faire figurer sur vos documents dans le guide des mentions obligatoires.

CFE : exonération et montant

Aucune cotisation foncière des entreprises n’est due l’année de création de votre activité. L’année suivante, la base d’imposition est réduite de moitié.

Ensuite, le montant dépend de votre commune et des locaux utilisés. Un indépendant du design travaille le plus souvent depuis son domicile ou un espace partagé : faute de local professionnel dont la valeur locative servirait de base, il relève d’une base minimum fonction de son chiffre d’affaires, fixée par la commune. Si votre chiffre d’affaires HT de l’année N-2 ne dépasse pas 5 000 €, vous êtes exonéré de plein droit. Il n’existe pas de tarif national à annoncer : consultez les règles de calcul et d’exonération de la CFE sur Service Public, puis votre avis dans votre espace professionnel ou auprès de votre service des impôts des entreprises.

Conditions d’exercice, droits d’auteur et assurances

Qualifications : rien d’exigé, sauf à sortir du design

Aucun diplôme, aucune inscription ordinale et aucune autorisation ne conditionnent l’exercice des activités du 74.10Z : ni le graphisme, ni le design produit, ni la décoration d’intérieur ne sont des professions réglementées. La limite est ailleurs, dans le périmètre des missions que vous acceptez. Les exclusions de la notice ne sont pas que statistiques : concevoir un bâtiment et signer les plans d’un permis de construire relève du 7111Z et du monopole de l’architecte, pas du design d’espace. Un décorateur qui glisse vers la conception et la conduite de travaux change de métier avant de changer de code.

Droits d’auteur : ce que vous vendez vraiment

Une création originale est protégée par le droit d’auteur dès sa création, sans aucune démarche, et seuls les droits patrimoniaux peuvent être cédés. Service Public est précis sur le formalisme : le contrat de cession doit être écrit, énumérer limitativement les droits cédés — reproduction, représentation, adaptation, traduction —, et délimiter la destination et les supports, le territoire et la durée ; une cession dont l’étendue est trop vaste n’est pas valable, et la mention « etc. » suffit aux juges pour constater l’absence de délimitation. La cession globale des œuvres futures est interdite, et les droits moraux — paternité, respect de l’intégrité de l’œuvre — sont inaliénables : aucune clause ne peut les emporter. Sur le prix, le principe légal est une rémunération proportionnelle aux recettes d’exploitation, le forfait n’étant admis que dans des cas limités, dont celui où l’usage de l’œuvre est accessoire à l’objet exploité — Service Public cite les affiches et prospectus réalisés par un graphiste pour la promotion d’une pièce de théâtre. Autrement dit : livrer un fichier n’emporte aucun droit, seul l’écrit en donne.

Assurances : distinguer l’obligation de l’exigence contractuelle

Aucune assurance n’est légalement obligatoire au seul titre du code 74.10Z. La responsabilité civile professionnelle reste pourtant la protection centrale du métier, parce que le sinistre typique n’est pas un accident mais une erreur qui se démultiplie : une identité déposée entre-temps par un tiers, un visuel imprimé à 20 000 exemplaires avec une erreur de gabarit, une police ou une image utilisée hors licence. Les agences, les annonceurs et les acheteurs publics l’exigent le plus souvent par contrat, attestation à l’appui. Trois points à lire dans le contrat plutôt qu’à présumer : le montant de garantie rapporté à la taille des campagnes acceptées, la présence ou non des dommages immatériels, et le traitement des atteintes à la propriété intellectuelle, fréquemment encadré voire exclu — ce sont les garanties, exclusions et franchises du contrat qui déterminent la couverture réelle. Cas particulier à vérifier auprès de votre assureur si vous exercez en décoration d’intérieur : dès qu’une mission dépasse le conseil d’ambiance pour porter sur la conception de travaux d’un ouvrage, la question de l’assurance décennale se pose — Service Public liste les constructeurs concernés par cette obligation et y range le maître d’œuvre et le technicien, sans citer le décorateur. Ne présumez pas que votre RC professionnelle suffit dans cette configuration.

Exemple de premier devis de création graphique

Exemple fictif pour septembre 2026 : « Création d’une identité visuelle — logotype, déclinaisons et mini-charte d’usage, mission au forfait ». 1 forfait × 1 200 € = 1 200 € à payer, sous l’hypothèse d’une franchise en base de TVA. Le forfait est l’unité adaptée : une identité se vend sur un livrable, pas sur des heures. Détaillez le périmètre inclus — atelier de cadrage, trois pistes créatives, deux allers-retours sur la piste retenue, déclinaisons horizontale et monochrome, fichiers vectoriels et export web, mini-charte de six pages — et les exclusions qui provoquent les litiges : recherche d’antériorité et dépôt de marque, achat des licences de polices, déclinaison sur supports non listés, refonte après changement de brief, et toute piste supplémentaire au-delà des trois prévues. Ajoutez une ligne explicite de cession de droits précisant les droits cédés, les supports, le territoire et la durée : sans cet écrit, le client repart avec des fichiers et aucun droit d’exploitation. Précisez le délai et les conditions de règlement, acompte compris. Ce prix illustre la structure du devis et ne constitue pas un tarif conseillé.

Mention dans cet exemple : « TVA non applicable, art. 293 B du CGI ». La structure complète est détaillée dans notre guide du devis auto-entrepreneur.

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Foire aux questions

Les points à clarifier avant votre première mission avec ce code.

Je crée un logo et je cède les droits : je facture en micro-entreprise ou en artiste-auteur ?

Cela dépend de ce que vous vendez réellement, et la réponse n’est pas au choix. Le régime de sécurité sociale des artistes-auteurs couvre la « création de prototypes originaux ou conception de modèles originaux d’œuvres relevant du design : design d’espace, design graphique (graphisme, création typographique…), design produit, design textile ». Or Service Public est catégorique : « Une activité créative relève obligatoirement du régime de protection sociale des artistes-auteurs. Vous ne pouvez pas facturer vos œuvres d’artiste-auteur à travers une micro-entreprise. » À l’inverse, le même référentiel exclut du régime les travaux « limités à l’exécution graphique correspondant à une simple mise en œuvre de techniques » : exécution de mises en page, calibrage de textes, cadrage de documents photographiques, mises à jour de sites. Une création originale de marque cédée avec ses droits penche donc vers l’artiste-auteur ; du gabarit à décliner, de la production de supports et de la mise à jour relèvent de la micro-entreprise. Si votre activité mêle les deux, faites qualifier votre situation par l’Urssaf artistes-auteurs avant votre première facture — pas après.

Quelle différence entre le code 7410Z et le code 6201Z pour un designer d’interface ?

La notice du 74.10Z exclut expressément « la conception et la programmation de pages web (cf. 62.01Z) », et celle du 62.01Z revendique « la conception de la structure et du contenu et l’écriture des programmes informatiques » nécessaires notamment aux pages web. La ligne de partage est le livrable : une maquette, un design system, un parcours utilisateur ou une charte d’interface restent du design spécialisé ; dès que vous écrivez et livrez le code qui fait fonctionner la page, vous êtes dans la programmation informatique. Un point de vigilance pour l’avenir : dans la NAF 2025, « la conception graphique de pages web » est explicitement rattachée au futur 74.12Y des activités de design graphique et de communication visuelle. La frontière n’est donc pas figée, et c’est la description d’activité saisie au guichet unique qui fixe le code, pas l’outil que vous utilisez.

Un décorateur d’intérieur en 7410Z cotise-t-il 25,6 % ou 23,2 % ?

25,6 %, sauf s’il est affilié à la Cipav, et l’affiliation ne dépend pas du code APE mais de la profession déclarée à l’immatriculation. Service Public publie la liste limitative des professions rattachées à la Cipav : elle mentionne « architecte, architecte d’intérieur, économiste de la construction, maître d’œuvre, géomètre expert », mais ni le décorateur, ni le designer, ni le graphiste. Un micro-entrepreneur qui déclare une activité de décoration ou de design relève donc du régime général, à 25,6 %, tandis qu’une déclaration d’architecte d’intérieur ouvre l’affiliation Cipav, à 23,2 %. L’écart représente 720 € par an sur 30 000 € de chiffre d’affaires. Vérifiez votre rattachement réel sur votre compte Urssaf : c’est lui qui fait foi, et il se corrige plus facilement avant la première déclaration.

Dois-je facturer la cession de droits séparément de la création ?

Séparément, non obligatoirement ; explicitement, oui. Service Public rappelle que le contrat de cession de droits d’auteur doit être écrit et énumérer limitativement les droits cédés, et qu’une cession n’est pas valable si son étendue est trop vaste — la mention « etc. » suffit aux juges pour établir l’absence de délimitation. Quatre paramètres doivent apparaître : les droits visés (reproduction, représentation, adaptation, traduction), la destination et les supports, le territoire et la durée. Les droits moraux, eux, sont inaliénables : aucune clause ne peut vous les faire céder. Côté prix, le principe légal est une rémunération proportionnelle aux recettes d’exploitation ; le forfait n’est admis que dans des cas limités, dont celui où l’usage de l’œuvre est accessoire à l’objet exploité — Service Public cite justement les affiches et prospectus réalisés par un graphiste pour promouvoir une pièce de théâtre. Concrètement : distinguez sur le devis la prestation de création et le périmètre de cession, même si le montant final est un forfait unique.

Sources officielles utiles

Ces informations générales sont vérifiées à la date indiquée. Leur application dépend de votre activité et de votre situation. Pour un cas particulier, consultez l’organisme compétent ou un professionnel qualifié.

Pour aller plus loin

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